Chronique du 28 février 2021

En France, l’élection présidentielle concentre toute la tension politique. Elle est le moment culminant des débats publics et l’expression par excellence du suffrage des citoyens. Non seulement elle crée une dynamique spécifique, mais celle-ci détermine celles des autres pouvoirs. Tout lui est subordonné, car l’exécutif détient un tel poids dans nos institutions que tout en procède et tout y revient. Il n’y a pas, comme dans d’autres démocraties, de contre-pouvoirs forts ni au niveau national (le législatif y est soumis) ni géographique (les collectivités ne détiennent une part de liberté que parce que l’Etat la leur consent).

Cette puissance est inscrite dans la société française. Dans le discours collectif, le président de la République n’est pas qu’un citoyen élu pour diriger l’administration au nom des autres (un « chef de l’Etat »), il est aussi une figure d’incarnation du peuple qu’on rêve thaumaturge – même si on le perçoit impuissant.

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