Chronique du 8 février 2021

Une défiance croissante mine le débat public et la démocratie en France. Les derniers mois en ont été la manifestation : le discours du gouvernement sur les masques ou les vaccins a contribué à décrédibiliser la parole publique et le déploiement laborieux de la réponse sanitaire a généralisé le doute sur l’efficacité de l’action de l’Etat.

Ce n’est pas anodin dans un pays où celui-ci est « providence », supposé bienfaisant et salvateur (ce qui ne se retrouve pas dans le “welfare” anglais). La crise de la Covid constitue ainsi une étape symbolique majeure : les insuffisances de l’Etat ont été ressenties physiquement par les Français, dans la privation de leur liberté, l’angoisse impuissante pour leurs entourages et, dans les cas les plus extrêmes, la disparition de leurs proches. Il en restera durablement des traces.

Cette crise de confiance est toutefois beaucoup plus profonde et ne saurait être imputée spécifiquement à cette mandature. C’est une fragilité structurelle de notre pays. Le constat n’est pas neuf : la « société de défiance » a été analysée par Yann Algan et Pierre Cahuc dès 2007. Dans leur étude, ils montraient combien ce phénomène alimente la logorrhée réglementaire en même temps qu’elle en est la source. Dès lors que la confiance faillit, la norme autoritaire et le contrôle prennent une place croissante.

La centralisation française y est certainement pour beaucoup.

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