Voici le texte de ma chronique du 23 novembre.

Depuis des jours, les préfectures diffusent des photographies des forces de l’ordre occupées à vérifier les attestations de déplacement des Français. Comment ne pas voir que ces contrôles ubuesques participent de ce que dénonce le ministre de l’Intérieur, selon lequel « le cancer de la société, c’est le non-respect de l’autorité ​» ​?

La fragilisation de l’autorité publique a certainement plusieurs sources : l’évolution des mœurs ; l’horizontalisation de la société ; l’effritement des hiérarchies. Mais elle vient aussi de ce qu’elle s’est elle-même décrédibilisée. Décrédibilisée quand son discours présente une réalité alternative, ignorant ce que vivent les citoyens. De promesses trahies en parjures, la parole publique s’est démonétisée. Décrédibilisée quand, tout en ne cessant de prélever des ressources fiscales, sa performance a semblé décroître et ses agents se paupériser. De gabegies en scandales sociaux, l’action publique est devenue lourde et impuissante. Décrédibilisée quand, intransigeante avec les honnêtes gens qui oublient de respecter un codicille, elle est souple avec les délinquances quotidiennes qui gâchent leur existence. De lâchetés en renoncements, l’autorité s’est elle-même abîmée.

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