Un texte publié dans Le Figaro

FIGAROVOX/TRIBUNE – Erwan Le Noan dénonce l’enchevêtrement de normes et de décisions adminstratives prises à la hâte ces derniers jours au sujet de la fermeture des commerces et des règles imposées à la grande distribution.

Le printemps avait ramené sur le haut des piles de lectures La Peste de Camus. Quelques amoureux de la Provence avaient aussi probablement relu Le hussard sur le toit et les moralistes Les animaux malades de la peste. S’il est un ouvrage qui mériterait d’être relu en ce début de nouveau confinement, c’est probablement la pièce d’Alfred Jarry, Ubu roi : l’absurde et l’arbitraire du Père Ubu, assis sur le trône de Pologne, sont devenus si légendaires qu’ils ont donné naissance à une expression du langage courant.

Depuis quelques jours, les Français assistent, incrédules et rieurs pour les uns, exaspérés pour les autres, au triomphe de l’absurdité administrative rayonnante: le pays s’inquiète de sombrer dans la crise sanitaire et la dépression économique, mais elle persiste et produit formulaires sur normes ubuesques.

Toute affairée à la réglementation du confinement, restriction rare de la liberté de circulation, elle a commencé par autoriser certains déplacements de façon exceptionnelle – mais à la condition que le citoyen momentanément délivré s’astreigne à remplir un papier. L’esprit savant de régulation a même produit trois formulaires, dont le raffinement a été poussé jusqu’à exiger des Français qu’ils indiquent précisément une liste d’informations inutiles, comme leur lieu de naissance ou leur moyen de déplacement.

Ce n’était qu’un début.

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