Voici le texte de ma chronique du 26 octobre 2020.

« Par un étrange paradoxe, on vante la censure pour défendre la liberté d’expression. »

Depuis l’assassinat de Samuel Paty, un débat s’est ouvert sur l’usage des réseaux sociaux, accusés d’avoir facilité la haine et la violence. Dans cette perspective, le gouvernement souhaite discuter à nouveau de la loi Avia, dont l’ambition initiale était d’obliger les plateformes à retirer certains messages venimeux dans de brefs délais. Ses soutiens y voyaient une opportunité de réguler les contenus en ligne ; ses opposants une périlleuse restriction. L’initiative avait été sévèrement sanctionnée par le Conseil constitutionnel. Qu’importe, c’est le même projet qui est à nouveau promu aujourd’hui. Par un étrange paradoxe, on vante la censure pour défendre la liberté d’expression.

Les réseaux sociaux sont évidemment le support de diffusion de messages qui, c’est peu de le dire, ne sont pas toujours le reflet du plus grand esprit de modération. Il suffit de s’y promener pour constater que les débats peuvent y être brutaux et stériles et que la fluidité des échanges désinhibe probablement les haineux agressifs. Il suffit d’y taper quelques mots-clés pour découvrir le pire de la violence verbale, probablement facilitée par le confort que tirent certains utilisateurs de la possibilité de s’exprimer de façon anonyme.

On comprend le réflexe spontané de vouloir, dès lors, imposer de faire disparaître ces propos. Cela mérite cependant réflexion.

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