Voici le texte de ma chronique dans L’Opinion du 17 août.

« De façon implicite, ce message gouvernemental reprend le discours bien connu – et usé – du partage du travail et de la croissance »

Depuis quelques semaines, le gouvernement a ciblé les « travailleurs détachés », ces ressortissants de l’Union européenne qui viennent travailler temporairement en France, envoyés par des employeurs situés dans d’autres Etats membres, rémunérés aux mêmes salaires que les nationaux mais avec des charges de fait inférieures. Souvent devenus une main-d’œuvre essentielle dans certains secteurs, ils étaient près de 600 000 en 2018, contre moins de 100 000 en 2008. L’hostilité à leur égard est révélatrice d’un discours toujours plus défavorable aux étrangers et adepte du partage du travail.

Fin juillet, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, clamait qu’« il n’est pas question que le plan de relance se fasse avec des travailleurs détachés ! » En somme, l’argent mobilisé par la France doit rester aux Français.

Les propos de la ministre s’inscrivent dans un contexte politique spécifique : l’électorat français étant d’une sensibilité élevée sur les sujets régaliens et notamment l’immigration, il est devenu commun de plaider en faveur d’un patriotisme économique tous azimuts – parfois projeté au niveau européen. L’industrie, les services, l’emploi et la consommation devraient tous se « relocaliser » pour assurer une indépendance nationale.

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