Voici ma chronique du 25 mai 2020.

La crise du Covid-19 aura permis aux Français de se rappeler qu’ils bénéficient du soutien de professionnels de santé compétents et formidablement dévoués : alors que le pays était confiné, ils ont continué à soigner, sans compter les heures et généralement pour des salaires modestes – en ville, dans les Ehpad et à l’hôpital.

A la reconnaissance s’est ajoutée l’incompréhension, en les voyant épuisés, réclamer plus de moyens. Chacun a lu, vu ou entendu les anecdotes terrifiantes de cette crise : des médecins qui cousent eux-mêmes leurs tenues, un établissement qui sollicite des paravents pour que les patients meurent dans la dignité, un autre qui appelle aux dons de masques qui manquaient cruellement (contrairement à ce que prétend le président de la République). Pourtant, le budget de l’hôpital public en France est de plus de 80 milliards d’euros – soit plus que les recettes de l’impôt sur le revenu !

Plus étonnant encore, ce discours sur le défaut de ressources est généralisé à de nombreux services publics : dans la police, dans l’Education nationale, parmi les travailleurs sociaux et tant d’autres ! Comment est-ce possible, dans un pays qui se prévaut d’être et d’avoir un « modèle social » ? Un pays qui s’était fait, au moment des débats européens, le défenseur absolu des services publics, qui seraient consubstantiels à son identité nationale. Un pays dont la dépense publique atteindra, en 2020, plus de 60 % de son PIB (56,5 % en 2019) !

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Les gouvernements successifs ont, souvent par paresse, sombré dans le piège des « moyens » : les uns pour les réduire par principe, les autres pour les augmenter par idéologie (qu’on se souvienne des 60 000 postes décrétés par François Hollande dans l’Education nationale, qui n’ont rien changé). Ni les uns ni les autres n’ont pris la peine d’interroger les missions des services publics, de leur donner des objectifs, d’en déduire des modalités de gestion (en direct ou déléguée au secteur privé) et d’y affecter, en conséquence, les ressources nécessaires.

 

Photo by Luis Melendez on Unsplash