Ma chronique du 20 avril dans L’Opinion.

Les chiffres du projet de loi de finances rectificatives présenté le 15 avril sont vertigineux : à la fin de l’année, la dépense publique représentera 61 % du PIB et la dette 115 %. Ces statistiques sont à la fois révélatrices du malaise structurel de la France et des défis qui se présentent devant Emmanuel Macron.

Elles sont, très immédiatement, le résultat des indispensables tentatives de soutien à l’économie et ses salariés. Elles sont aussi – et surtout, le fruit de décennies d’insouciance budgétaire : en 2005, Michel Pébereau avait remis un rapport qui pointait que « le choix de la facilité depuis 25 ans est la principale explication du niveau très préoccupant de notre dette publique ». A l’époque, elle représentait 53,5 % du PIB…

A court terme, il est peu probable que ces ratios s’améliorent : aucun gouvernement ne s’y attaquerait. Pour des raisons économiques d’abord, craignant de « déprimer » l’activité – et profitant des taux bas. Dans une logique politique ensuite, car réformer l’intervention publique fera des victimes : il faudra couper dans les dépenses, sociales notamment (qui représentent un peu moins de la moitié des dépenses totales). En outre, comme il faudra que ces réformes paraissent « justes », il y a fort à parier qu’elles seront accompagnées d’une fiscalité accrue – alors que les prélèvements atteignent déjà un niveau record.

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