Voici le texte de ma chronique du 10 février 2020 dans L’Opinion.

A quelques mois des prochaines élections nationales, tout semble sourire au Président Trump : la fin de sa procédure d’impeachment, les difficultés des Démocrates dans l’Iowa, la croissance solide, le chômage au plus bas. Rien de tout cela n’est de son seul fait, mais ces résultats positifs affaiblissent l’opposition. Le président américain peut même afficher des succès internationaux : avec un art du « deal » qui lui est propre et des stratégies non coopératives, il a obtenu un accord avec la Chine et renégocié l’Alena. Il n’est pas seul à pavaner : en Grande-Bretagne, Boris Johnson a réalisé son Brexit, porté par une majorité historiquement forte. Bref, contrairement à ce que les intelligences éclairées avaient promis, les cataclysmes en série et les sept plaies d’Égypte annoncées ne sont pas survenus : le populisme a le vent en poupe – et c’est bien le danger.

A long terme, ces politiques seront certainement confrontées à leurs limites ; mais pour les électeurs qui les regardent de loin, les populistes remplissent le contrat : ils réaffirment, avec force et fracas, et souvent une certaine rustrerie, le primat du politique, après des années de discours impuissant. Leur message est simple : « rien n’est impossible à qui le veut vraiment ». Alors que les opinions occidentales semblent fatiguées des lourdeurs inhérentes à la démocratie (lenteur relative, conflictualité récurrente, etc.), les populistes plastronnent.

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Photo by Miguel Henriques on Unsplash