Ce 14 octobre, dans L’Opinion, je discute de l’excellent ouvrage d’Alain Bertaud.

Dans La présomption fatale, publiée en 1988, Hayek révèle en une formule le cœur de son analyse : « Un ordre généré sans dessein peut surpasser de très loin les plans que les hommes établissent ». Autrement dit, l’organisation spontanée des individus peut conduire à des résultats bien plus optimaux que le travail des planificateurs les plus intelligents et dévoués. Pour l’esprit français, si convaincu du génie supérieur de quelques-uns qu’il continue de concevoir des « stratégies » publiques pour demain comme il avait hier un Commissariat général au plan, c’est un renversement de perspective complet.

Cela vaut dans le domaine urbain. A l’approche des élections municipales, les promesses d’aménagement vont se multiplier. Tel candidat promettra des projets de développement, convaincu d’avoir la connaissance infuse de ce qui fait – et fera – l’harmonie d’une ville. Tel autre déploiera de vastes programmes de construction, certain de faire mieux que ses prédécesseurs qui bâtirent des ensembles rationnels rapidement devenus invivables. L’ordre planifié, voilà le rêve de tout visionnaire urbaniste – sauf peut-être Anne Hidalgo qui réussit la performance d’allier une planification sévère avec une forme de chaos faite de travaux, de rats et de jeunes faisant la danse de la pluie pour sauver la planète.

Tous se trompent, car ils n’ont pas saisi la dynamique profonde des villes, qui sont avant tout des marchés de l’emploi, comme l’explique Alain Bertaud dans un livre récent (MIT Press)… LIRE LA SUITE SUR LE SITE DE L’OPINION