Une critique de La France des opportunités à lire sur le blog de la Fondapol

À première vue, la France semble vivre des temps difficiles. L’économie est en crise, les tensions politiques et sociales se multiplient. Les jeunes diplômés qui entrent sur le marché du travail craignent pour leur avenir et ne l’abordent pas, pour la plupart d’entre eux, de manière sereine. Le monde dans lequel nous vivons n’est pourtant pas dévasté, bien au contraire : l’explosion d’Internet a apporté une multitude de nouvelles opportunités, et contribue largement à faire évoluer la société dans le bon sens. Peu à peu, le monde devient « plus fluide, plus innovant, plus authentiquement solidaire » : c’est ce que s’applique à démontrer Erwan Le Noan dans son ouvrage, intitulé « La France des opportunités : toutes les bonnes nouvelles qu’on ne vous dit pas ».

 

Une révolution numérique

D’emblée, l’auteur se dit « résolument optimiste » quant à l’avenir de notre pays. Selon lui, « nous sommes en train de quitter progressivement […] un Ancien régime ; une Révolution s’annonce ». Le fer de lance de cette prochaine Révolution, si tant est qu’elle advienne, est le numérique, l’émergence d’Internet ayant été fulgurante durant ces dernières années. Cet outil est en effet parvenu à faire son trou dans les différentes sphères de la société, au point de devenir, aujourd’hui, incontournable.

Peu à peu, ce travail déconstruit en fait un certain nombre de clichés négatifs ayant été associés de manière presque systématique à l’émergence des nouvelles technologies.

Par exemple, à l’évocation d’Internet, les mots « réseaux sociaux » reviennent de manière récurrente. Si l’influence de ces derniers a pris une ampleur considérable au cours des dernières années, ils sont souvent critiqués pour affecter de manière significative les interactions physiques entre les personnes. L’auteur dénonce vivement ce jugement, en présentant justement les réseaux sociaux comme des « regroupements par affinités » qui, au lieu de réduire à néant les relations humaines, contribuent à créer un certain « dynamisme de communauté » dans notre société, allant jusqu’à se substituer à la vie de village d’autrefois. Pour Erwan Le Noan, « le numérique n’étouffe pas les relations humaines, il les multiplie ».

Internet possède d’autres vertus. Il permet par exemple, « grâce à des sites biens construits, d’organiser la réunion d’une offre et d’une demande qui s’ignoraient auparavant, faute de pouvoir se rencontrer ». Pour l’auteur, grâce au numérique, « nous basculons dans une nouvelle société […] Quand une voie est fermée, on la contourne : c’est ce qu’ont commencé à faire les Français. Rien n’arrête des flux d’énergies nouvelles ! ».

Vers une société « plus solidaire, plus proche, plus humaine »

31sFdf7AvFL._SX331_BO1,204,203,200_Cette thématique de l’évolution de la société se retrouve en filigrane de cet ouvrage, et pas seulement dans le domaine des nouvelles technologies.

L’éducation, par exemple, s’est largement diversifiée durant ces dernières années. Nombre de méthodes pédagogiques différentes, telles que l’école 42, le cours Alexandre Dumas ou les écoles dites Montessori ont en effet vu le jour, afin d’offrir de meilleures solutions aux élèves jusque la négligés.

L’auteur vante aussi l’évolution positive de la culture, en rappelant au passage le rôle plus qu’important du secteur privé : « Depuis quelques années, de grands acteurs privés sont devenus des financeurs majeurs de la culture […] la philanthropie culturelle s’est rapidement développée depuis 2003. Avec succès ! ». Dans la lignée du dynamisme de communauté, le secteur associatif est lui aussi en pleine expansion : la France compte en effet 1,8 millions de salariés associatifs, et 1 français sur 3 est impliqué dans une activité associative de bénévolat.

Des mutations qui ont leurs limites

Cependant, si, par certains aspects, la société a grandement évolué durant ces dernières décennies, elle n’est pas exempte de tout reproche. Erwan Le Noan n’hésite d’ailleurs pas à en blâmer certains de ses aspects, à commencer par l’action publique, qu’il juge « incapable d’assumer son rôle ».

De manière plus ou moins implicite, il s’attaque aussi au pouvoir en place, en dénonçant une « société figée » et en flagellant l’idéal redistributif, qui conduirait selon lui à des politiques de nivellement et privilégierait « l’égalité dans l’échec plutôt que l’inégalité dans le succès ». Concernant la dépense de l’État, elle ne sert selon lui pas à « préparer l’avenir », mais à « financer tant bien que mal le quotidien ».

Tout au long de son travail, l’auteur distille donc quelques propositions. Sur le plan institutionnel, il rappelle notamment la nécessité d’avoir des « institutions stables », en précisant que ces dernières devront s’adapter à « de nouvelles relations sociales ». Plus innovant encore, il estime que, dans une démocratie sensée, « ce sont les citoyens qui devraient choisir ce qu’ils veulent donner à l’État afin qu’il en dispose et accomplisse au mieux ses missions, compte tenu de ses moyens ».

Sans toutefois idéaliser le monde dans lequel nous vivons, l’auteur s’attache donc, comme il le dit lui-même, à apporter un message « résolument positif », mais pas naïf pour autant : « si les périodes de changements radicaux sont des occasions formidables, elles sont aussi des déstabilisations nouvelles qui sont légitimement vécues comme des menaces accrues ». Sans masquer les difficultés, Erwan Le Noan dresse le portrait d’une société qui sera celle du triomphe de l’esprit, dans laquelle, comme Jean de La Fontaine l’écrivait, « le travail sera un trésor ».

 http://www.trop-libre.fr/%C2%A0la-france-des-%C3%A9volutions-ou-comment-voir-le-verre-%C3%A0-moiti%C3%A9-plein/
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