A retrouver sur le site de L’Opinion dans son intégralité

http://www.lopinion.fr/edition/politique/zarader-cotta-cuvillier-jury-l-opinion-note-deuxieme-debat-primaire-118353

1. Qui est le gagnant selon vous ?

2. Qui est le perdant ?

3. Quel a été le moment fort de ce débat ?

4. Comment avez-vous jugé dans sa globalité ce premier débat ?

Erwan Le Noan, conseiller à la Fondapol

« Ce débat illustre la pauvreté programmatique de la gauche »

1. Manuel Valls a repris la main après son premier débat. Il s’est distingué intelligemment, sur des sujets « régaliens » qui sont plutôt à son avantage. Il a montré son expérience au gouvernement, ce qui le distingue des autres candidats, et rappelé ses convictions très fortes, par exemple sur les questions de laïcité.

Benoît Hamon n’a pas gagné le débat, mais il a probablement remporté une manche dans la compétition qui l’oppose à Arnaud Montebourg pour incarner une gauche plus radicale et, par là même, l’opposition à Manuel Valls. Sa stratégie, c’est un peu d’être le Bernie Sanders ou le Jeremy Corbyn de la gauche.

François de Rugy enfin, s’est distingué à nouveau parmi les « petits » candidats, tenant un discours généralement raisonnable et qui semble plus sincère que d’autres.

2. Deux perdants. Vincent Peillon, qui a continué à s’enfoncer dans un discours qui oscille entre l’absence de positionnement ou les réflexes idéologiques agressifs : sa position sur le cannabis (engager un grand débat national) et son agressivité sur la laïcité, étaient illustratives de ces deux extrêmes. Le second perdant est Arnaud Montebourg, qui a semblé absent : ses interventions n’étaient pas toujours des plus percutantes.

3. Plusieurs moments ont permis de montrer qu’il existe des divisions réelles à gauche : sur les réfugiés, sur le nucléaire et sur la laïcité. Les téléspectateurs ont pu constater qu’il existe une gauche idéologique, qui défend des principes absolus utiles pour s’opposer d’une part ; et une gauche plus marquée par le sens du compromis et des réalités, nécessaire pour gouverner, d’autre part.

Aussi, l’échange entre Arnaud Montebourg et Laurence Ferrari sur Vincent Bolloré était désagréable. On ne comprend pas bien pourquoi le candidat s’en est pris de cette manière à la présentatrice. Au demeurant, son attaque est d’un populisme facile ; on ne l’entend pas s’indigner avec autant de véhémence que des grands patrons de gauche investissent dans les médias !

4. Le débat était plus facile à regarder car plus stimulant et plus animé. Il illustre toutefois la pauvreté programmatique de la gauche aujourd’hui : le seul message fort que les candidats ont été capables de faire ressortir pendant ces échanges, c’est « au secours la Droite revient ». Manuel Valls répond : « Je suis le meilleur pour y faire face parce que moi, je suis le seul à avoir vraiment gouverné ». Benoît Hamon répond : « Je suis le seul à pouvoir y faire face, parce que moi, je suis le plus ’gauchiste’ de tous ». Cela ne donne aucune vision de la société, aucun projet…

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