Voici le texte d’une chronique publiée sur Forbes France 

En 2015, 46,6 millions de personnes vivants aux Etats-Unis étaient nées dans un autre pays (12 millions venaient du Mexique, 2 millions de Chine, à peu près autant d’Inde, et de même des Philippines; et 11 millions de clandestins). En 1990, ils n’étaient « que » 23,3 millions (source : Pew Global). En 25 ans, cette population a doublé au sein de la population américaine. Cela ne fait aucun doute : l’Amérique continue d’attirer les migrants (dont plus d’un million d’étudiants) !

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Pourtant, le rêve américain est sérieusement mis en doute. Le vote en faveur de Donald Trump a exprimé une relation ambiguë à l’immigration : s’il a fait des promesses très dures sur le sujet (construction d’un mur, restrictions diverses), ses électeurs sont beaucoup plus partagés qu’il n’y parait et plutôt inquiets, en réalité, du commerce international plus que de l’immigration.

En réalité, le vote Trump semble avoir été marqué par un ralliement de ceux qui, à tort ou à raison, se sentent déclassés ou menacés de déclassement. Comme l’explique Corentin Sellin dans cet entretien avec le journal La Croix, « Trump a maximisé ses gains auprès d’un électorat bien particulier : les classes moyennes inférieures blanches et non diplômées, ceux que l’on appelle la « working class » américaine, qui représentent les ouvriers peu qualifiés du secteur de l’industrie et des services ».

 

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Une étude économique parue tout récemment, produite par plusieurs économistes dont Raj Chetty, l’un des jeunes spécialistes les plus en vogue outre-Atlantique (et dans le monde), vient de chiffrer ce déclassement. Il est clair, net.

Leur travail, The fading American dream : trends in absolute income mobility since 1940, publié par le prestigieux NBER, chiffre pour la première fois le déclin du rêve américain. A bien y regarder, il se marque d’ailleurs par une réduction de la progression entre les générations, plus que par un réel déclassement.

Leurs conclusions se résument en une série de graphiques, qui montrent que le pourcentage d’enfants gagnant plus que leurs parents s’est considérablement réduit depuis 1940. Ainsi, alors que 90% de la génération née gagnait plus que la précédente, ce n’est plus le cas « que » de 50% de celle née dans les années 1980. Bref, les trentenaires d’aujourd’hui ont considérablement moins progressé que leurs parents.

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Source : http://www.equality-of-opportunity.org/

Pour plus d’information : voir le site http://www.equality-of-opportunity.org/ qui synthétise tous les travaux de l’équipe de Raj Chetty

L’étude complète est disponible ici

La présentation (en pdf) qui l’accompagne est disponible ici

 

A lire en ligne

http://www.forbes.fr/politique/le-reve-americain-est-il-mort/

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