L’un des débats les plus prégnants en matière d’économie aux Etats-Unis aujourd’hui porte sur l’avenir de la croissance. Est-elle condamnée à disparaitre ? Sommes-nous entrés dans une ère de faible croissance ?

Le sujet n’est pas totalement nouveau puisque Robert Gordon avait exposé son point de vue – négatif – dans le Wall Street Journal dès 2012. Son papier, très très remarqué, avait fait explosé le débat public sur le sujet, alors qu’il était resté plus confidentiel auparavant. Il vient de le relancer en publiant un ouvrage massif, mais parmi les best-sellers : The rise and fall of American growth (voir les commentaires de The Economist ou celle de Tyler Cowen dans Foreign Affairs)

Habituellement, on lui oppose les théories d’un professeur du MIT, Erik Brynjolfsson, dont le livre, qui porte sur la robotisation / automatisation de l’économie, a également été un grand succès.

Dans (long) un papier publié dans Foreign Affairs, Larry Summers (qui a également été l’un des premiers protagonistes du sujet) revient sur tous ces débats. Sa conclusion est intéressante car elle montre bien que le sujet a une lourde portée politique et pas seulement économique :

Secular stagnation and the slow growth and financial instability associated with it have political as well as economic consequences. If middle-class living standards were increasing at traditional rates, politics across 
the developed world would likely be far less surly and dysfunctional. So mitigating secular stagnation is of profound importance.

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Sur les succès littéraires des livres d’économie, voir ce papier du WSJ intéressant, qui explique comment les livres d’économie donnent du sens au monde.

 

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