Dans les conversations courantes, il n’est pas rare de constater que « les jeunes Américains ont un problème avec l’alcool ».

Il suffit de se rendre un week-end sur un campus américain pour remarquer ces hordes d’adolescents se précipiter sur des alcools forts jusqu’à en être malades (voir, entre mille exemples, ce bon roman américain). Les Européens aiment souvent à les regarder avec un mépris condescendant et une certaine inquiétude. Il est ainsi d’usage de déplorer ces comportements de sauvages assoiffés d’ivresse et d’ajouter qu’au moins, en Europe, nous apprenons à apprécier les boissons alcoolisées, en goûtant le vin par exemple (et non en nous saoulant avec des produits dont, sincèrement, l’odeur seule suffit à enivrer).

Tout cela n’est peut-être qu’une confortable fable.

Un papier publié sur Vox constate que le « binge drinking » (pratique adolescente à l’élégance rare aussi appelée « biture express ») est bien plus important de ce côté-ci de l’Atlantique que de l’autre. Ainsi, 50,6% des jeunes Allemands pratiqueraient la chose, ainsi que 48,5% des Français … mais seulement 19,8% des Américains. La pratique (aux effets néfastes sur la santé et le cerveau) se développerait tellement qu’elle a même alerté l’OCDE !

Capture d’écran 2016-01-28 à 05.10.32

Les effets sur la santé sont durables. En Europe, on meurt sensiblement plus d’une cirrhose qu’aux USA…

 » But perhaps most tellingly, liver cirrhosis death rates in 2012 were significantly higher in several European countries than in America: The US’s age-adjusted rate for men 15 and older was 14.9 per 100,000 people, while the UK’s rate was 16, France’s was 16.4, Germany’s was 18.8, and Denmark’s was 20.2. This is likely a result of excessive drinking in youth and adulthood. »

Selon l’article de Vox (qui cite diverses études), les conclusions sont claires : des politiques plus strictes sur l’alcool préviennent les morts précoces. Ainsi, l’élévation de l’âge légal pour la consommation d’alcool à 21 ans aux Etats-Unis dans les années 1980 aurait réduit le nombre de victimes de la route liées à l’alcool (-57% pour les 16 – 20 ans… ce qui montre tout de même une certaine capacité à enfreindre la loi ; – 39% pour les 21 – 24 ans ; -9% au delà de 25 ans). Une autre piste évoquée par le papier est celle d’une élévation des taxes, rendant l’alcool trop coûteux pour les plus jeunes

Publicités