Il y a quelques années encore, le discours dominant dans le secteur de la musique était de celui de la panique : Internet, le peer to peer, et toutes les autres innovations qui avaient scandaleusement rendu la musique plus accessible allait tuer l’industrie. L’heure était à lutte réglementaire contre la révolution numérique, ce qui équivaut à ériger une barrière d’allumettes sur le chemin d’un tsunami.

Tout cela est en train de changer.

Le changement a fait des victimes, c’est certain : ceux qui ne l’avaient pas anticipé, ceux qui n’avaient pas de modèle assez souple pour évoluer. Ceux qui sont restés désemparés face à lui : le PDG du groupe Universal Music a ainsi expliqué que le secteur de la musique s’était  retrouvé face à ce bouleversement, non sans l’avoir vu venir, mais sans savoir quoi faire. Un nouveau livre, commenté dans le New York Times, revient sur cette révolution. Son auteur, Stephen Witt explique que « le déclin de l’industrie musicale a affecté tous les opérateurs ».

L’industrie musicale semble ainsi en train d’entrer dans une nouvelle ère : celle du streaming. Passionnant article publié le 13 janvier dans Les Echos : Le streaming pourrait sauver la musique d’ici 2020 ! Révolution ! Le secteur se développe en France : 3 millions de consommateurs seraient déjà abonnés payants et cela pourrait croître encore (cela représente environ 5% de la population, contre 20% en Suède ; Apple Music est offensif).

L’économie est un formidable mouvement de renouvellement. Les innovations apportent de meilleurs bénéfices aux consommateurs et obligent les acteurs traditionnels à se réinventer – ce qui n’est pas toujours évident. Dans le secteur musical, voici même que Pascal Nègre, PDG de Universal en France et président de la « Société civile des producteurs phonographiques » explique que le streaming pourrait être bon pour les artistes : « 1000 « streams » génèrent aujourd’hui pour l’artiste le même revenu que la vente d’un album. Le rappeur Nekfeu* a ainsi généré en streaming l’équivalent de la vente de 200 000 albums, contre plus de 100 000 vendus ».

Tout cela ne résout évidemment pas tout : Spotify est, de son côté, confronté à une action de groupe géante qui lui fait peur (voir ce papier de Bloomberg).

 

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