J’ai répondu aux questions d’Atlantico

A lire ci dessous et en ligne sur le site d’Atlantico

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Le redressement des comptes

 

1°) Disposez d’un (véritable) projet de redressements des comptes publics ou comptez-vous sur le simple et hypothétique retour de la croissance ?

 

La réduction des dépenses publiques de 50 milliards d’euros annoncée par Manuel Valls va dans le bon sens. On aimerait que tous les Gouvernements en aient fait autant. Mais c’est totalement insuffisant et surtout, c’est un leurre inquiétant. C’est insuffisant car il faut aller beaucoup plus loin : 50 milliards alors que la dépense publique dépasse 1150 milliards d’euros, c’est une gouttelette dans l’océan. C’est aussi un leurre si le Gouvernement veut faire croire que cette logique est la bonne : Manuel Valls pousse à l’extrême les économies de bric et de broc réalisables sans changer le système. Mais il suffit que la croissance se détériore, ou que le Gouvernement soit trop optimiste (comme le pense la Commission européenne) et le dérapage reviendra. Ce qu’il faut faire désormais, c’est le plus dur : s’attaquer au corps de la dépense publique en redéfinissant les missions de l’Etat. Il est important que le Président dessine une ligne claire sur ce sujet (la dépense publique c’est plus de 56 % du PIB).

 

La simplification administrative dans les entreprises

 

2°) Vous avez proposé des mesures de « simplification administratives » pour les entreprises. Que comptez-vous faire concrètement pour promouvoir la liberté d’entreprise et favoriser la concurrence ?

 

Le Président aime bricoler avec l’économie, on le sait depuis sa « boîte à outils ». Malheureusement, il se contente de placer quelques rustines par-ci par-là, quand il ne décoche pas un mauvais coup sur les entreprises. Comment comprendre qu’il défende une simplification d’un côté et que de l’autre son Gouvernement s’en prenne à nouveau aux auto-entrepreneurs ? Le Président devrait au contraire s’attaquer aux dysfonctionnements profonds de l’économie française en favorisant la liberté d’entreprendre (les auto-entrepreneurs) et le fonctionnement fluide des marchés (la concurrence). Il y a beaucoup à faire : l’Autorité de la concurrence multiplie les recommandations qui permettront de faire gagner du pouvoir d’achat aux Français, mais le Gouvernement reste jusqu’à maintenant très frileux. En matière fiscale, il faut que la baisse de l’IS soit beaucoup plus rapide : à ce jour elle reste trop lointaine et très hypothétique.
L’évolution de notre système éducatif

 

3°) Ne pensez-vous pas qu’il est grand temps de changer de modèle éducatif et de laisser sa place à l’émulation, à la pluralité des modèles, à la performance ? et comment ?

 

Le Président de la République gagnerait à annoncer un changement de ligne en matière éducative. Jusqu’à maintenant, son projet était assez peu ambitieux : créer 60 000 postes et tenir le ministère silencieux. Malheureusement pour lui, Vincent Peillon n’a pas été capable de remplir la mission et a, en conséquence, été remercié lors du dernier remaniement. On voit bien avec la réforme des rythmes scolaires que le système hyper centralisé français atteint ses limites : comment prétendre trouver une solution unique à l’ensemble des écoles françaises ? Le Président Hollande pourrait défendre une nouvelle ambition éducative en ouvrant maintenant la voie à des expérimentations locales, en donnant de la liberté aux projets éducatifs des établissements, en stimulant l’émulation entre les établissements.

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