Une étude de la Banque de France : Quelle amplitude et quelle évolution du multiplicateur de dépenses publiques en France (1980-2010) ?; dont voici le résumé … (disponible en ligne ici)

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L’importance des plans de relance budgétaire qui ont été mis en œuvre dans la plupart des économies avancées depuis le déclenchement de la crise financière et la vitesse à laquelle les budgets des États sont maintenant consolidés en Europe a donné une nouvelle actualité au débat sur le multiplicateur de dépenses publiques. Cette étude est centrée sur l’effet des dépenses publiques en biens et services. En utilisant la procédure d’identification des chocs de dépenses publiques proposée par Blanchard et Perotti (2002), nous parvenons à la conclusion que le multiplicateur est statistiquement significatif et peu éloigné de 1 à l’impact et qu’il devient non significatif après environ 3 ans en France. Nous effectuons de nombreux tests de robustesse liés à la définition des dépenses publiques, aux hypothèses de stationnarité des variables considérées, à l’effet des anticipations et au choix de l’échantillon de données. Par ailleurs, en estimant un modèle VAR structurel à coefficients variables dans le temps, nous trouvons (1) que le multiplicateur n’a pas significativement évolué, quel que soit l’horizon temporel considéré, depuis le début des années 1980 et (2) que la variance des chocs affectant l’économie évolue bien davantage que les coefficients autorégressifs du modèle. Même en ayant recours à des spécifications alternatives où les priors bayésiens favorisent l’évolution des coefficients dans le temps, l’évolution principale que nous mettons en évidence est une réduction (non significative) du multiplicateur de moyen terme, en lien avec une politique monétaire plus réactive depuis les années 1990. Nous ne trouvons pas d’indice d’une augmentation systématique du multiplicateur de dépenses publiques lors de chaque récession en France, contrairement à la conclusion d’Auerbach et Gorodnichenko (2012) pour les États-Unis. En tout cas, la position dans le cycle économique ne semble pas être le facteur principal ayant influencé le multiplicateur de dépenses publiques en France au cours des 30 dernières années.

 

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