Voici le texte d’une interview pour Atlantico : Quand les élites font défaut… Ce que chacun d’entre nous peut faire pour améliorer son sort en 2014  

A lire ci dessous et sur Atlantico

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Voici les bonnes résolutions à prendre en matière d’éducation, de fiscalité ou encore de santé pour que l’année à venir soit meilleure que la précédente.

Atlantico : Epargne & assurance vie : où placer son argent pour qu’il soit en sécurité en 2014 ?

Simone Wapler : Compter sur les « élites » pour gérer ses propres affaires, c’est un bien naïf. Laissez donc le Président Hollande guetter « à l’horizon » le retour de la croissance et prenez en main vos propres affaires.

Je trouve d’ailleurs formidable qu’autant de citoyens fassent encore « confiance » aux hommes du système. Pour le moment la confiance est à son apogée alors que les manipulations monétaires ne profitent qu’aux 1% les plus riches, ceux qui sont tout proches des robinets de la création monétaire. Le chômage reste important, même aux Etats-Unis. Les scandales se multiplient dans le milieu bancaire : Libor, Euribor, Forex, fixing de l’or et, plus récemment, en France loi rétroactive d’amnistie bancaire. Quand aux établissements financiers et bancaires en qui vous avez confiance, ils excellent à créer le véhicule d’investissement « … qui vous convient parfaitement monsieur Michu » – vous savez, ces produits sophistiqués – ceux avec capital garanti et promesse de participer à la hausse des marchés mais attention à la durée d’immobilisation, aux frais de gestion et au pourcentage des gains qui vous sont confisqués… sans oublier les clauses figurant au dos de la page 16, écrites en gris clair sur fond bistre. Il convient surtout parfaitement à la banque, assurance, et surtout au salaire de votre « conseiller bancaire personnalisé qui connaît vos besoins mieux que vous-même ». Quand aux « élites » ? Les scandales se succèdent et tant qu’elles afficheront autant de mauvaise foi et refuseront d’ôter leurs œillères, vous n’avez qu’à compter sur vous-même.

L’épargne n’est plus en sécurité dans votre banque depuis le lamentable épisode chypriote. Lorsque vous déposez votre argent en banque, il ne vous appartient plus et vous devenez créancier de votre banque.

Avant Chypre, il était admis que si un malheur arrivait à votre banque, c’était l’État  (l’ensemble des contribuables) qui renflouait. C’est ce que l’on appelait le système du « bail-out ». C’est ainsi que même lors du naufrage du Crédit Lyonnais, pas un déposant ne fut floué. C’était donnant-donnant puisque la loi vous oblige à détenir un compte en banque.

Chypre a montré que désormais, nous changeons de système et ce seront désormais les déposants et actionnaires qui devront renflouer : c’est le « bail-in ». Pour le moment, il existe une garantie implicite que seuls les comptes au dessus de 100 000 euros seraient touchés. Cette distinction est en soi stupide : quid de la trésorerie des entreprises ou du malheureux déposant qui vient de vendre un bien immobilier ou son outil de travail ? Mais si les autorités renonçaient à une décision au simple motif qu’elle est stupide, depuis le temps, cela se saurait. De surcroît, pour préparer politiquement la voie, le Fonds monétaire international a suggéré en octobre dernier qu’une taxe – exceptionnelle bien sûr – de 10% sur les dépôts pourrait être une solution pour sortir l’Europe du surendettement. Donc votre épargne n’est plus en sécurité dans votre banque.

A vous de la « débancariser » ou en tout cas, de diversifier les risques dans plusieurs établissements. Les moyens ne manquent pas : détenir des actions au nominatif pur, acquérir des parts de SCPI (Sociétés civile de placement immobilier), morceler votre épargne dans différents établissements bancaires de réseau (des « too big to fail » et des plus petits banques indépendantes en commandite…) Surtout si vous attendez un gros virement qui va rester un certain temps en attente de réemploi ! Veillez à ne surtout pas avoir plus de 100 000 euros par compte.

Les 50 premières banques européennes ont encore besoin de 185 milliards d’euros de capital dont 110 milliards d’euros de fonds propres supplémentaires, estime Standard & Poor’s (S&P) dans une étude publiée mi décembre 2013. Cependant, poursuit l’agence, le niveau de capital « ne dit pas toute l’histoire de la solidité financière d’une banque ». La revue de qualité des actifs menée par la Banque centrale européenne l’année prochaine sera cruciale. La crise financière est loin d’être terminée, les taux bas, les prêts de la BCE ne font que masquer l’insolvabilité. S’il ne vous fallait qu’un seul argument, c’est celui là : le marché interbancaire est toujours gelé. Donc si les banques ne se prêtent pas entre elles par déficit de confiance, pourquoi vous, déposant, leur prêtez-vous ?

Du point de vue de l’assurance vie, il faut privilégier les contrats multi-supports en actions et sortir des fonds en euros dit à capital garanti. Le capital n’est pas du tout garanti car il s’agit de dette publique. A l’automne dernier, les Polonais se sont vus confisquer arbitrairement l’équivalent de leurs assurances vie en zloty lorsque les taux ont grimpé en Pologne. Que pensez-vous qu’il va arriver en France si les taux montent ? Resterez-vous avec votre contrat qui vous rémunère 2,7%  (rendement 2013) alors que les nouveaux taux dépassent 3% ? Que feront les assureurs quand ils seront confrontés à des demandes massives de retrait ? Les sorties seront gelées (au mieux). En revanche, il est beaucoup plus difficile pour les autorités de geler les sorties des fonds en actions. Pour conserver les avantages d’un vieux contrat en euro, demandez à votre assureur de le transformer en contrat multi support et à bénéficier de l’amendement Fourgous. Invoquez la sacro sainte règle de prudence par la diversification. Quant au  livret A, qui est placé en dette française, si vous voulez confier votre épargne à ceux qui rêvent de vous la confisquer, après tout, c’est votre problème…

Fiscalité : comment les Français peuvent-ils améliorer leur sort ?

Simone Wapler : Fiscalité et optimisation fiscale ? Les lois rétroactives pleuvent, ne vous jetez pas sur un investissement au motif qu’il y a un avantage fiscal à la clé. Un investissement doit être rentable en soi, point final. Le seul avantage sur lequel vous pouvez compter c’est celui qui est pris à l’entrée, une fois pour toutes. Rappelez-vous de l’imposition sur la plus-value immobilière. De 15 ans, une loi a décidé de passer la durée de détention à 30 et ce, de manière rétroactive ! L’État a besoin d’argent, de beaucoup d’argent, il n’y aura pas de pause fiscale. La seule niche qui semble avoir encore échappé à la rapacité de Bercy est la forêt, qui a récemment été qualifiée de « puits de carbone érigé au rang d’intérêt général ».

Innovation : les entrepreneurs doivent-ils abandonner les systèmes d’aides qui sont extrêmement contraignants en termes de temps et de personnels pour se tourner vers des initiatives privées ?

Erwan Le Noan : Les entreprises savent que les dispositifs d’aides sont souvent très ambivalents : ils tentent de corriger des problèmes structurels et peuvent constituer des apports importants, mais dans le même temps ils sont généralement très instables et donc impossibles à intégrer dans des plans à long terme. C’est probablement parce qu’ils sont conçus pour répondre à des demandes ponctuelles et sont la preuve d’une volonté politique déterminée de ne surtout pas s’attaquer au fond des sujets et de se contenter de les traiter à la marge (on distribue quelques centimes pour compenser les milliers d’euros extorqués par l’impôt).

Ignorer ces dispositifs d’aides publiques serait idiot, compte tenu des contraintes réglementaires et fiscales qui existent par ailleurs. Mais il ne faut pas bâtir ses plans uniquement avec eux. La bonne solution est probablement de se tourner à la fois vers le public et le privé pour multiplier les ressources et les opportunités et ne pas surtout dépendre uniquement d’aides publiques incertaines.

Education : face au déclin progressif de l’Education nationale, faut-il réfléchir à des méthodes parallèles ?

Erwan Le Noan : Si le service éducatif offert par le public ne fonctionne pas, il est sain de chercher une alternative. Les difficultés de l’Education nationale expliquent la fuite des familles vers des offres alternatives et le succès du privé (sous contrat, hors contrat, confessionnel ou non et quelle que soit la religion). On sait que les cours particuliers explosent et que le nombre d’établissements hors contrats augmente.

Contrairement à ce que l’on croît, le secteur privé éducatif n’est pas forcément très cher et de très nombreuses écoles sont accessibles aux familles les plus modestes. Celles qui le peuvent n’hésitent d’ailleurs pas longtemps pour changer leurs enfants d’école (question qui ne se pose pas dans le très chic 6ème arrondissement de Paris où public et privé sont excellents).

Cette concurrence du privé peut avoir l’effet d’une saine émulation (mais en France il existe un monopole légal de l’Etat). Aux Etats-Unis, les établissements publics ont été incités à innover et ceux qui sont gérés « comme du privé » (les charters schools) connaissent un tel succès (résultats fulgurants comme à La Nouvelle Orléans) que là où ils existent les établissements privés perdent des élèves.

Pierre Duriot Il n’y a pas hélas d’éducation idéale, mais c’est tant mieux, cependant il existe quelques résolutions à prendre pour l’année nouvelle et qui ne peuvent qu’améliorer les choses, indépendamment de son milieu social et de ses moyens, tant les enfants peuvent s’épanouir avec des parents riches de leur manière d’être.

  • Ne pas avoir peur d’affirmer son autorité sur ses enfants, cela ne les traumatise pas.
  • Remettre le couple au centre de la famille, c’est lui qui doit rester, les enfants sont destinés à partir.
  • Papa et maman doivent toujours être d’accord sur les modalités éducatives devant l’enfant.
  • Dire plus souvent « oui » que « non » mais ne pas dire « oui » quand on a dit « non », même en cas de pleurs ou de comédie.
  • Ne pas ramener l’enfant dans le lit conjugal.
  • Prendre au moins un quart d’heure à une demi-heure par jour pour jouer ou discuter avec son enfant.
  • Le laisser faire seul ou faire avec lui plutôt qu’à sa place.

Sept résolutions simples, à la portée de tous, mais avec lesquelles éducation et couple ne s’en portent que mieux. Après, il faut se faire confiance à soi-même, se dire qu’en tant que parent, on est le mieux placé pour donner une bonne éducation à son enfant en partageant avec lui passions et actions.

Politique : est-il possible de se réorganiser au niveau de la société civile pour apporter une réponse citoyenne aux débats actuels ?

Erwan Le Noan : Les démocraties contemporaines connaissent toutes une tendance à la redistribution du pouvoir vers les citoyens, qui connaît plusieurs formes.

On voit d’abord, dans plusieurs pays, des pratiques d’association des citoyens à la décision. C’est la démocratie participative (on se souvient de Madame Royal en 2007) ou l’empowerment (dans les banlieues américaines et un peu françaises désormais, avec des idées qui germent à droite et à gauche) par exemple. C’est une tendance structurelle de nos sociétés, portée d’ailleurs par le numérique. Elle continuera certainement de se développer.

Il y a aussi un mouvement qui consiste à décentraliser le pouvoir et l’atomiser, à le redistribuer vers les citoyens. C’est ce que propose le programme de David Cameron en voulant construire la « big society » britannique, qui rejoint le compassionnate conservatism américainC’est une façon de revaloriser l’action publique en la confiant à des acteurs privés. Dans un contexte budgétaire très difficile et avec des Etats Providence à bout de souffle, ces approches nouvelles du « service public » devraient se développer.

Enfin, une troisième tendance est l’émergence de mouvements politiques « inspirés du peuple ». Avec des méthodes et des idéologies très différentes, c’est le cas du Tea Party américain, des Pigeons, de la Manif pour Tous et du Nous Citoyens de Denis Payre. Ces tendances sont réelles, mais elles oublient souvent la réalité institutionnelle : pour gagner des élections, il faut être un parti politique (c’est à dire une organisation dédiée à cela). Les partis ont beaucoup d’inconvénients et de défauts, mais on a tort de négliger leur rôle démocratique. Les « mouvements de citoyens » sont dynamiques, sympathiques, mais ils s’épuisent rapidement parce qu’ils négligent (voire méprisent) la réalité du jeu politique. Il suffit de voir ce que donnent le Tea Party ou la Manif pour tous : pérenniser la mobilisation et la transformer en une mobilisation politique est très difficile.

Sécurité sociale : peut-on se diriger vers des assurances privées et est-ce souhaitable ?

Simone Wapler : Sortir de la Sécu et regagner en pouvoir d’achat en prenant une assurance privée ? C’est déjà possible pour les indépendants et les professions libérales. Le changement est en marche grâce à la Cour européenne de justice et la France ne pourra pas indéfiniment s’asseoir sur le traité de Maastricht qui demande d’ouvrir à la concurrence l’assurance maladie. Si la Sécurité sociale était un système extraordinaire, elle n’aurait rien à craindre de la concurrence ! Quant à la solidarité, je rappelle elle est assurée par la CMU qui est financée par les complémentaires santé et l’impôt. Pour le moment, si vous êtes salarié, il est encore extrêmement difficile d’emprunter cette voie. En effet, votre entreprise va se retrouver en première ligne et devra lutter avec l’URSSAF – ce qu’elle n’aime en général pas faire. Mais c’est pour bientôt, grâce à l’Union européenne.

Impact de l’environnement sur la santé : les enquêtes d’opinion, montrent que les Français attendent des décisions de la part des politiques. Que peut-on attendre des dirigeants sur ces questions pour améliorer la situation ? Et que peut-on faire à l’échelle de l’individu et de la société civile ?

Nicole Delépine : Il n’y a malheureusement peu de décisions utiles pour l’environnement à attendre de nos dirigeants politiques tant qu’ils seront prisonniers de leurs conflits d’intérêts et soumis au lobbying. Les plus grands pollueurs (pétroliers, industrie chimique, industrie nucléaire) sont aussi les plus riches et donc ceux qui imposent leurs décisions au mépris de la santé de la population. Seules des lois protégeant les donneurs d’alerte, élargissant les « class actions » à tous les domaines et en particulier à ceux de la santé et des décisions de justice punissant les coupables même s’ils sont énarques ou proches du président permettraient d’espérer des améliorations significatives. Lorsqu’on constate l’impunité de ceux qui se sont enrichis en nous empoisonnant à l’amiante ou aux pesticides on ne guère croire en la bonne volonté de nos dirigeants.

On peut cependant être optimistes en observant la prise de conscience croissante de la population et les actions de plus en plus nombreuses de la société civile pour faire respecter ses droits dont celui à un environnement sain. Pour 2014 on peut souhaiter la fédération progressive de ces actions jusqu’ici désordonnées qui pourraient s’exprimer dans des cahiers de doléance nationaux exigeant de retrouver nos libertés confisquées par la bureaucratie.

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