A l’invitation d’Atlantico, j’ai rédigé le papier suivant :  « Libérer les Français » : top 5 des mesures dont la France aurait vraiment besoin pour retrouver de l’oxygène

A lire sur Atlantico et ci dessous. Les réponses de Eric Verhaeghe et Pascal Salin sont disponibles sur Atlantico 

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Le poids de la fiscalité ne cesse de croitre en France : les prélèvements obligatoires dépassent les 45% du PIB (les recettes publiques atteignent 51 % du PIB, bien au-delà des autres pays de l’OCDE). La main d’œuvre y est chère et particulièrement taxée. En clair, comme l’ont dit l’OCDE ou le FMI, la fiscalité nuit à la bonne santé économique de la France.

Baisser la pression fiscale est un impératif économique, mais aussi politique – pour répondre à la grogne croissante – et presque philosophique : au nom de la liberté, il faut baisser l’emprise que l’Etat exerce sur les citoyens. Pour libérer les Français en matière fiscale, cinq mesures peuvent être intéressantes :

1) cesser la création de tout nouvel impôt

La priorité, c’est d’annoncer que l’on ne créera plus d’impôt d’ici la fin du quinquennat. Cela donnerait un grand coup de vent, une respiration pour l’économie. C’est une annonce, mais il faut la faire d’urgence. Le problème, c’est qu’en 2012, le Gouvernement avait promis qu’il n’augmenterait pas les impôts après 2013. Puis en 2013, il promet qu’il n’augmentera pas les impôts après 2014. Et maintenant, on entend des ministres expliquer, dans les débats sur les retraites, qu’il faut distinguer impôt et cotisation, etc. Les Français se fichent de ces explications biscornues et technocratiques.

2) réduire la dépense publique de manière drastique, avec des privatisations et plus de concurrence

La première mesure à prendre, c’est évidemment de réduire la dépense publique. Elles sont tellement mal gérées aujourd’hui et atteignent un tel niveau d’inefficacité qu’il faut arrêter de se poser de longues questions et couper les cheveux en quatre avec des « RGPP » et autres « MAPP ». Il faudrait décider de baisser arbitrairement les dépenses publiques de manière uniforme, pour tous les niveaux (Etat, collectivités). Il faudrait imposer ces mesures d’économies aux dépenses sociales qui représentent près de 43 % de la dépense publique. Pour être plus efficace, la concurrence devrait être accrue pour certaines activités (l’éducation ou la culture par exemple), le recrutement des fonctionnaires devrait baisser (ils représentent un tiers du budget de l’Etat et 13 % du PIB) et il faudrait envisager des privatisations (à quoi sert France 2 ?).

3) ramener les impôts dans la moyenne européenne et envisager

La fiscalité française est très élevée : notre pays taxe plus le capital et le travail que la moyenne européenne. Il n’y a qu’en matière de consommation que nous faisons comme les autres. Dans un premier temps, il faut au moins les ramener tous au niveau de la moyenne de nos partenaires de l’Union européenne. Ensuite, il faut baisser particulièrement certains impôts, comme l’impôt sur les sociétés qui a considérablement baissé dans les économies voisines.

La France pourrait engager une réflexion sur la structure de sa fiscalité, certainement mal construite. Et sur le sujet, il faut une confrontation de grandes idées, de principes, pas des calculs d’apothicaires. Par exemple, pourrait revenir (au moins en partie) sur la progressivité, qui est une excuse pseudo-morale à la spoliation. On pourrait taxer les revenus, pour organiser une contribution liée à ce que les gens gagnent, et laisser ensuite les gens libres de faire ce qu’ils veulent de l’argent qu’ils ont gagné : ne plus taxer la transmission, ni l’épargne…

4) rétablir le bouclier fiscal

Le rétablissement d’un bouclier fiscal à 50 % des revenus du contribuable aurait un double avantage. Politique et philosophique : quel que soit le niveau de richesse, il n’est pas normal que l’Etat et les collectivités locales puissent priver un individu de plus de la moitié de son bien. Gagner de l’argent n’est pas un crime et l’impôt ne devrait pas avoir de vocation punitive. L’autre avantage du bouclier fiscal, c’est qu’en limitant les revenus des collectivités, il pourrait les contraindre à faire attention à la dépense (c’est la stratégie « starve the beast » d’un célèbre président américain).

5) établir un impôt volontaire

C’est le corolaire de la proposition précédente, qui valorise la liberté. Il faut entendre et comprendre l’attachement de certains Français qui estiment que l’impôt est le meilleur outil de générosité que l’humanité n’ait jamais pensé. Pour eux, payer le fisc est un accomplissement : en faisant leur chèque, ils ne sont pas que des contribuables, ils deviennent de grands et bons citoyens. Pour que ces grandes âmes, généralement suffisamment riches pour se détacher des préoccupations matérielles, puissent continuer à soulager leur conscience fiscale, il faut instaurer un impôt volontaire ouvert à tous. Chaque Français pourra désormais donner plus que ce qu’il doit. On pourra même leur remettre une médaille (cela s’est déjà fait au début du 20ème siècle). Il faut parier que les grands donneurs de leçons d’aujourd’hui seront les principaux contributeurs demain…

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