Le mois d’août a été l’occasion de lire (enfin) l’excellent livre de Marc Levinson The Box, comment le conteneur a changé le monde (voir ici une critique de JP Robin dans Le Figaro). Il comporte notamment des passages très éclairants sur les désastres de la réglementation d’Etat dans le secteur des transports … et les merveilles accomplies par la déréglementation.

519rZQZZiKL

« Au bureau milieu de cette campagne enfiévrée, la conteneurisation révélait l’inefficacité d’une réglementation obsolète (page 413) » écrit Levinson, en faisant référence aux textes absolument ubuesques édictés par l’ICC

C’est l’ouverture des règles trop contraignantes qui a permis de faire baisser les coûts et conduit à une explosion du commerce. « La déréglementation modifia tout le paysage (…). Les coûts s’effondrèrent de manière si vertigineuse qu’en 1988, les affréteurs (et au final les usagers) américains économisèrent près d’un sixième de leur facture totale de fret terrestre. (…). Les délais de livraisons furent ainsi écourtés de plusieurs jours. Les tarifs fixés par négociation plutôt que par réglementation étaient beaucoup plus faibles et devaient diminuer encore davantage à mesure que le volume de fret augmenterait. En 1982, l’acheminement par voie ferroviaire d’une tonne de fret conteneurisé coûtait en moyenne 4 cents pour 1,6 kilomètre. Au cours des six années suivantes, ce coût fuit ensuite revu suite à l’inflation et chuta de 40 %. Les tarifs ferroviaires s’effondrèrent de manière si radicale qu’en 1987, au lieu de faire exclusivement le voyage par voie maritime, plus d’un tiers des conteneurs provenant d’Asie et acheminés vers la Côte Est des Etats-Unis sillonnaient désormais le pays par chemin de fer. Un obstacle majeur au commerce extérieur avait fini par céder. » (p415 – 417)

Dans le secteur des transports aussi, pour les mêmes effets néfastes et les mêmes résultats bénéfiques, on pourra relire cet article très bien écrit de P. Cahuc, A. Zylberberg et F. Kramarz dans la revue Commentaire en 2006 : Les ennemis de la concurrence et de l’emploi.

Publicités