Dans un papier récent publié dans le Wall Streeet Journal, Niall Ferguson s’interroge sur les Regulated States of America. Selon lui l’explosion de la réglementation aux Etats-Unis a été économique et socialement dommageable.

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L’auteur déplore que les solidarités traditionnelles et les initiatives personnes, caractéristiques américaines que vantait Tocqueville, dépérissent du fait de l’extension de la pieuvre réglementaire. Selon lui l’Etat a pris la place des associations, les asphyxiant progressivement. Il s’appuie dans son analyse sur l’excellentissime ouvrage de Putnam (Bowling alone).

Autre conséquence néfaste selon Ferguson de l’inflation réglementaire : le coût pour la croissance économique. Il rappelle que le Federal Register ne cesse d’augmenter de volume. La dernière fois qu’il a baissé, c’était sous Reagan.

L’article est intéressant à plusieurs titres. Notamment parce qu’il rejoint une analyse assez développée dans les milieux conservateurs anglo-saxons (libéraux économiquement, conservateurs socialement) selon laquelle l’Etat providence a tué la société, l’asphyxiant par ses interventions constantes. Ses analyses suggèrent que c’est à la société de se reprendre en main. C’est sur cette base que s’est développé le conservatisme compassionnel (dont j’ai déjà parlé dans ce papier pour la fondapol). C’est ce courant de pensée qui a inspiré le programme de David Cameron, à travers notamment l’ouvrage Red Tory (que j’avais fiché ici ; voir ce post aussi intéressant). C’est, peut etre aussi, d’une certaine manière, ce qui inspire la « révolution civique » de l’UMP ?

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