La Banque de France a publié son rapport annuel. Il est précédé d’une lettre du Gouverneur écrite dans un style très clair (c’est rare pour un rapport administratif) et bien senti… Il s’en prend assez clairement à la politique actuelle et aux débats abscons sur l’austérité.

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Christian Noyer écrit : « pour certains observateurs, l’Europe imposerait des contraintes excessives. Cette vision est erronée« . Il rappelle ainsi que les contraintes viennent de l’évolution du monde qui change vite (alors que la France stagne) et de la politique irresponsable de gestion des finances publiques depuis des années. Il écrit plus loin : « au delà d’un certain seuil, certainement dépassé dans notre pays, l’acroissement de la dépense et de la dette publique a des effets très négatifs sur la confiance (…). A contrario, une consolidation budgétaire crédible (…) a des effets très positifs sur la confiance, la consommation, l’investissement et, finalement, la croissance ».

Pour le reste, il appelle à mettre en oeuvre rapidement les réformes structurelles que tout le monde (sauf nos politiques) connait : réforme du marché du travail, réduction des dépenses publiques (il n’est plus possible de faire appel à l’impôt écrit il en substance : « l’atteinte des objectifs affichés nécessite à présent de concentrer les efforts sur la dépense publique, compte tenu du niveau élevé de pression fiscale atteint et de l’impossibilité d’augmenter les charges des entreprises sans dégrader à nouveau l’activité et l’emploi« ), suppression des échelons administratifs trop nombreux, prudence sur le SMIC, grand avertissement sur la taxe Tobin (car il faudrait « éviter le risque de destruction de pans entiers de notre industrie financière »)…

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