Le Conseil d’Analyse Economique a publié une note intitulée Dynamique des salaires par temps de crise. Elle relève, en résumé, que les salaires augmentent trop vite en France, compte tenu de la productivité (elle rejoint l’étude de la Commission européenne mentionnée récemment sur ce blog).

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Les auteurs relèvent qu’ « un écart se creuse en France entre la productivité du travail, qui tend à stagner, et les salaires qui continuent de progresser« . Ainsi, ils constatent (ce qui n’est pas évident à entendre le débat public) que « les salaires réels n’ont pas fléchi en France depuis le début de la crise« . Les augmentations profitent essentiellement aux salaires proches du salaire médian, mais moins aux bas et hauts salaires.

Ces tendances s’expliquent notamment par le fait que les entreprises sont hésitantes à remettre en cause leurs politiques salariales mais aussi parce que « les institutions du marché du travail français, en particulier les modalités de définition des minima salariaux et de financement de la protection sociale, jouent aussi un rôle dans cette dynamique salariale« . En clair, le SMIC et les minima de branches expliquent la rigidité des salaires à la baisse et leur évolution à la hausse, tout comme le financement de la protection sociale.

L’étude comporte aussi ce graphique de l’évolution du coût du travail en France et quelques autres pays… (cf. l’étude de la Commission, à nouveau).

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Afin de « faciliter l’adaptation de la dynamique des salaires à l’évolution de la productivité« , la note recommande 1) de décloisonner les négociations relatives aux rémunérations, à l’emploi et aux conditions de travail, facilitant les dérogations, 2) d’adosser le financement de la protection sociale sur une base fiscale et 3) d’adopter une politique monétaire accomodante …

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