Cette grave question a été posée par une étude économique (brève, 12 pages) publiée récemment, qui applique l’analyse concurrentielle au secteur religieux.

menorah

L’étude part du principe qu’il existe un marché religieux : les religions (ou leurs ramifications) entrent en concurrence pour attirer leurs « clients » (fidèles). Elles sont dirigées par un « PDG » (CEO) qui est à la tête de l’Eglise (au sens large) : par exemple, cite l’étude, un Pape ou un Grand Rabbin.

Plusieurs façons existent d’organiser ce marché : l’une a recours au monopole (la religion officielle), l’autre laisse faire le marché. Dans le cas du judaïsme, Israël a recours à la première solution alors que les Etats-Unis appliquent la seconde (Premier amendement).

Dans l’hypothèse d’une religion officielle, la concurrence des autres cultes est une menace à l’institution. Il y a donc un travail de symbiose entre l’Etat et la firme religieuse en monopole. C’est le cas en Israël, où le Ministère des Affaires Religieuses distribue des « licences » à divers groupes religieux (instaurant un oligopole) et où les affaires du Judaïsme sont gérées par le Grand Rabbin et un Conseil des Rabbins (cf. wiki aussi). Pour l’auteur de l’étude, cette organisation incite le monopole à bloquer le développement des autres confessions du judaïsme et ne l’encourage pas à proposer une offre toujours optimale. Pour autant, il y a aussi un risque fort de laisser une demande insatisfaite…

Dans l’hypothèse d’un marché libre, les cultes entrent en concurrence sur le marché, mais peuvent avoir une certaine tendance à se regrouper, dans un modèle « congrégationaliste ». C’est le cas aux Etats-Unis où le judaïsme est divisé entre différentes organisations : les synagogues se distinguent par leur affiliation aux judaïsmes orthodoxe, conservative ou libéral principalement et se regroupent en « organisation parapluie« . Elles proposent aussi des « services » para-religieux à travers diverses organisations sociales notamment.

 

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