Le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, a récemment confirmé son intention de revenir sur les « assouplissements » de la carte scolaire, en directe ligne avec les inspirations autoritaires de Terra Nova. Une étude économique avait évalué les effets de ses possibilités ouvertes par le Gouvernement Sarkozy : ils sont quasiment nuls.

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En fait, l’étude relève que « l’assouplissement de la carte scolaire n’a pas profondément bouleversé les grands équilibres de l’enseignement secondaire en France« . Pourquoi ? Très simplement parce que l’assouplissement n’en était pas un : « les dérogations (…) restent trop peu nombreuses pour avoir eu des effets détectables à l’échelle nationale« . En effet, seuls 8% des élèves du secondaire public ont bénéficié de la précieuse autorisation …

Cette réalité est différenciée sur le territoire : ainsi, la réforme de 2007 « a eu des effets importants sur les collèges de l’éducation prioritaire » car elle « contribution à amplifier l’évitement de ces établissements » de ZEP. Les auteurs relèvent cependant que « l’évitement croissant des collèges de l’éducation prioritaire ne s’est pas traduit par un creusement des inégalités sociales entre ces collèges et les autres« .

En somme :

1) l’assouplissement n’en était pas un

2) là où il a eu un effet, c’est que les familles cherchaient à fuir les établissements de l’éducation prioritaire.

Revenir sur ce pseudo assouplissement aura donc pour effet de condamner des familles à scolariser leurs enfants dans des écoles qu’elles considèrent (à tort ou à raison) être mauvaises !!! Cette mesure ressemble décidément à une décision idéologique dictée par la peur de la concurrence et la volonté farouche de défendre un monopole envers et  contre tout. C’est d’autant plus idiot que cela va inciter les familles qui le peuvent à contourner non la carte scolaire mais les établissements publics, en se tournant vers le privé (et ce alors même que l’étude souligne que « la réforme de 2007 n’a pas entraîné une explosion des demandes« )

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