Anders Aslund a écrit un petit livre avec le premier ministre letton sur la façon dont ce petit pays a traversé la crise : en tournant le dos résolument aux solutions keynésiennes. Sur bloomberg la semaine dernière, il expliquait pourquoi le FMI devrait arrêter de jouer et revenir à un discours clair de soutien à l’austérité.

Olivier Blanchard, IMF chief economist

Selon lui, la dérive a commencé avec DSK : il avait recommandé des politiques de relance. L’Espagne, la Slovénie et Chypre l’avaient écouté : « tous ces pays qui avaient suivi son conseil vont encore plus mal aujourd’hui« .

Par la suite, Olivier Blanchard a publié un papier (très commenté depuis et souvent très mal, une partie des commentateurs en faisant un manifeste en faveur de la relance keynésienne) expliquant que les multiplicateurs étaient plus efficaces qu’on ne le pensait (ce qui est contesté par Barro notamment).

Aslund critique le papier sur plusieurs points, relevant notamment qu’il est fondé sur des prévisions de croissance (toujours révélées fausses), qu’il suppose que les Etats ont toujours accès au marché des capitaux (ce qui n’est pas le cas : cf. la Lettonie en 2008 avec juste 20% de dette ou l’Argentine en 2001 avec seulement 50% de dette). Surtout, il reproche à Blanchard et Leigh (son coauteur), de n’avoir une analyse qu’à court terme : l’année qui suit une politique budgétaire sévère…

Le problème c’est que Christine Lagarde semble promouvoir l’idée qu’il faut réduire l’austérité, estime Aslund. Selon lui, au contraire, il faut profiter de la crise pour mener des réformes d’ampleur (ce qui n’apparait pas si incompatible…)

PS : on relèvera que Blanchard avait déjà expliqué que, selon lui, le miracle letton n’est pas exportable.

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