Ambition Campus (www.ambitioncampus.com) était dans Le Figaro, avec des figures de l’association. A lire !

Et un grand salut à Daniel, Kamel, Charles, Lucie … et tous les autres

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Alors que des centaines de candidats venus de quartiers difficiles s’apprêtent à tenter leur chance, Le Figaro Etudiant est allé à la rencontre des recalés de la Rue Saint Guillaume. La plupart semblent avoir bénéficié durablement de leur préparation, et d’une ambition nouvelle.

Daniel avait été reperé pour la filière ZEP de Sciences Po ,suscitant un immense espoir dans sa famille. Il ne sera finalement pas admis. «J’ai raté la plus grande chance qu’on m’ait jamais donnée, s’auto flagelle le jeune étudiant aujourd’hui, mais je ne peux m’en prendre qu’à moi-même». Comme lui des centaines de candidats venus des 95 lycées partenaires de cette convention qui permet à des élèves venus de Zone d’Education Prioritaire d’ intègrer Sciences Po Paris,restent de l’autre côté de la barrière. 770 exactement, qui ont cravaché durant un an et surêment rêvé de faire partie des 130 recrues sur les 900 candidats qui se sont présentés en 2012. Le Figaro Etudiant est allé à la rencontre de ces recalés.

On les imagine désœuvrés, dépités, abandonnés à leur sort dans leur ZEP supposée pourrie. Se torturer l’esprit à se dire que les études, ce n’est pas pour eux. Quand le rêve prend fin, le carrosse redevient-il citrouille? Eh bien non. Passé le premier choc… Daniel se souvient avoir cherché fébrilement son nom sur la liste des résultats publiés sur Internet ,en vain. «Il n’y avait rien à la lettre K…». Le jeune candidat n’a pas attendu longtemps pour rebondir.

«Réviser m’a donné de l’ambition»

«Réviser le concours m’a forcé à définir ce que je voulais faire et qui je voulais être, décrypte-t-il. Ça m’a donné de l’ambition». Aujourd’hui, Daniel brille à la fac de droit et veut travailler dans les institutions publiques.

Kamel a lui aussi échoué avant le grand oral. Mais toute sa préparation avec l’association Ambition Campus a été le vrai tremplin. Il a appliqué à la lettre tout ce que l’association lui a inculqué. De la fac de droit à Sup de Pub, il a décroché un premier stage au culot de 15 jours à l’agence de publicité Havas, «une boîte ouf». Les visites hors les murs d’Ambition Campus l’avaient familiarisé avec le milieu. Il s’est créé lui-même sa place au soleil. Son stage a été prolongé. «Je ne me suis jamais considéré comme un stagiaire, se vante-t-il. Et à la fin de ma première année, j’avais le même niveau et les mêmes responsabilités que des élèves de mon école en master». Contacts et talent en étendard, Kamel a fini par claquer la porte de son école pour «économiser 17.000 euros et gagner 3000 euros par mois en freelance». Avec seulement le bac en poche.

«Au final, c’est tant mieux»

Lucie a toujours su qu’elle ferait des études prestigieuses. «Je n’avais pas vraiment un profil ZEP, éclaire-t-elle. Mes parents sont dans la politique, j’ai un bon capital culturel». Excellente élève, on lui a répété toute l’année que «mais oui, tu auras Sciences Po!». Mais rien n’était acquis. Stressée, elle a planté son oral devant le jury de l’école. L’expérience de l’échec lui a mis la rage au ventre. Pas question de végéter. Après son bac avec mention, elle a cravaché deux ans en prépa HEC. En pensant souvent à ce qu’aurait été sa vie si seulement elle avait eu Sciences Po… pour foncer de plus belle. Aujourd’hui à la Business School de Rouen, elle n’a aucun regret. «Maintenant que j’ai mon école, c’est bon» confie-t-elle, soulagée.

Dans le fond, beaucoup de ces candidats malheureux ont tenté la convention «un peu par hasard», «car il n’y a rien à perdre». Comme un Saint Graal qui ne se refuse pas sur le CV quand on vient de ZEP. Mais souvent, la préparation suffit à les révéler à eux-mêmes. Charles avait tenté la convention ZEP pour Sciences Po avant d’être rapidement recalé. «C’est tant mieux» affirme-t-il aujourd’hui. Ses études de droit actuelles correspondent mieux au concours de commissaire qu’il vise depuis toujours. Kamel, lui, a fait de son recalage un vrai moteur. «Je garde toujours une petite rancoeur mais j’ai pris ma revanche depuis! De toute façon, l’amertume, c’est contre-productif!».

 

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