Le mois de mars a été marqué par la suite d’une polémique qui oppose l’économiste Paul Krugman, prix nobel symbole des élites de gauche et chroniqueur au New York Times, à l’économiste Jeffrey Sachs, spécialiste mondial du développement et plutôt apprécié des milieux de gauche lui aussi.

Capture d’écran 2013-03-25 à 09.04.35

Jeffrey Sachs reproche en effet assez vertement à Paul Krugman de défendre des plans de relance coûteux et une augmentation de la dépense publique dangereuse, par pure idéologie, le prix nobel se revendiquant d’un keynésianisme « grossier » et mal compris. Tout à commencer par un article que Sachs a signé dans le Washington Post avec Joe Scarborough (conservateur, lui) : leur argument était que les déficits ont une réelle importance économique (négative). Ils relevaient que les déficits ne cesse d’augmenter sans pour autant que la situation américaine ne s’améliore. Sachs rappelle qu’il ne croit pas aux effets des plans de relance (stimulus packages). Ils remettaient donc en cause les recommandations de Paul Krugman qui, lui, se prononcé régulièrement en faveur d’un accroissement du déficit et de la dette (lesquels vont pourtant exploser).

La réponse de Krugman sur son blog a été acerbe… comme la réplique de Sachs dans le Huffington Post : il reproche au prix nobel d’être un « keynésien grossier : il prend une version simpliste et inadéquate de l’approche économique keynésienne comme guide de politique budgétaire« . Sachs reproche ainsi 4 erreurs à Krugman : 1) il se trompe sur la réalité du multiplicateur fiscal, qui n’est pas constant ni réellement prévisible ; 2) il se trompe en prétendant que le chômage et le déficit de croissance américains sont des phénomènes cycliques et non des problèmes structurels ; 3) il se trompe en pensant que la dette est un problème mineur et n’est pas un fardeau grave pour l’économie et ; 4) il se trompe en pensant que l’urgence est d’accroitre la demande plutôt que de s’interroger sur la qualité de la dépense publique : or, ce genre de politique est susceptible d’accroitre la défiance des citoyens vis à vis d’un Etat incapable de se réformer. En somme, Krugman défend une approche « désastreuse à la fois sur le plan politique et économique« .

Le débat continue: voir ici une nouvelle réponse de Krugman

Publicités