Les Echos rapportent ce matin que l’université portugaise Fernando Pessoa, implantée à Toulon, ouvre un site à Béziers. Cette inauguration est révélatrice des échecs de l’enseignement français … et de son avenir.

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Il y a quelques semaines déjà (décembre 2012), l’université portugaise avait ouvert ses portes à Toulon (site). Elle délivre une formation médicale, qui débouche sur un titre portugais. La reconnaissance des diplômes étant un principe fondamental de l’Union européenne, les jeunes diplômés voient leur qualification aussitôt reconnue en France. A l’époque, le Gouvernement s’était vertement opposé à cette initiative comme on l’avait relevé. Aujourd’hui, l’Université ouvre un deuxième établissement à Béziers, rencontrant une nouvelle fois l’opposition féroce des acteurs en place.

Cet évènement et les réactions qu’il suscite sont très révélateurs des dysfonctionnements du système éducatif français

1) Le système éducatif Français ne supporte pas la concurrence.

Pour dénigrer les formations concurrentes, l’establishment universitaire et le Ministère n’hésitent pas à avoir recours aux grands arguments : la santé et la morale. Sur le premier point, certains (comme la ministre madame Fioraso en décembre) s’inquiètent de la formation : pas à la hauteur (mais alors, il faut s’empresser d’interdire aux médecins portugais d’exercer en France). D’autres (comme la ministre madame Fioraso aujourd’hui) s’inquiètent des « droits » des étudiants.

En France, le monopole éducatif (du primaire au supérieur) revient à l’Etat et il est très difficile de le contester (même si, en primaire aussi, des initiatives existent).

2) Le financement socialisé de la santé donne de multiples prétextes à l’Etat pour s’immiscer dans la vie des citoyens et de la société.

Pourquoi l’Etat est-il si inquiet de l’augmentation du nombre de médecins que pourrait entraîner l’ouverture de ce genre d’universités (qui contournent le numerus clausus) ? Parce qu’il est convaincu que la multiplication de l’offre médicale conduit à la multiplication des actes médicaux … donc des dépenses … donc des remboursements.

Or, comme on l’a déjà expliqué sur ce blog, la dépense publique (à travers les remboursements des soins médicaux) explique et justifie que l’Etat contrôle l’activité des médecins et leur nombre… La dépense publique induit, pour des raisons budgétaires et démocratiques, une restriction des libertés.

Au delà, l’ouverture de l’université portugaise dessine aussi les pistes de l’enseignement en France: faute de réforme, le secteur privé va exploser (et les inégalités avec).

Le service public ne répondant pas aux besoins des enfants et des parents, beaucoup de familles fuient vers le secteur privé : pour y scolariser leurs enfants (les écoles privées refusent des élèves, d’autres se créent hors contrat) ou pour avoir recours à des cours du soir. Si l’Ecole ne se réforme pas, le boom du secteur éducatif privé devrait continuer !

Aujourd’hui, seuls certains élèves s’en sortent bien (globalement les gosses de riches et les fils de profs). Demain, seuls les plus riches pourront s’offrir les recours à ces établissements / services privés (même si les écoles catholiques par exemple mettent en oeuvre une certaine redistribution). Les plus pauvres resteront dans un secteur public que les autres fuiront. Si l’Ecole ne se réforme pas, les inégalités exploseront !

L’ouverture d’un établissement portugais dans le sud de la France n’est que le reflet de ces tendances : les élèves sont prêts à payer pour trouver des services qu’ils pensent devoir préférer aux formations universitaires publiques.

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