The Economist consacre cette semaine un article à un problème juridique aux Etats-Unis (et ailleurs) : la certification casher et hallal.

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Sur ce blog, on a déjà évoqué comment deux bouchers new yorkais firent sanctionner l’une des principales dispositions des plans de Roosevelt, qui contrevenait aux règles de la casherout. Et aussi comment, en Israel, la concurrence était relancée sur la certification.

Aux Etats-Unis, comme le rapporte The Economist, un tribunal vient de se reconnaitre incompétent pour juger si, oui ou non, une entreprise respectait bien les règles prescrites par le judaïsme : c’est du domaine de la religion… En réalité, sur 50 Etats, 22 ont une législation qui sanctionne les fraudes sur le casher (ie, affirmer qu’un aliment est casher alors qu’il ne l’est pas). Mais, plusieurs cours ont déjà frappé ces lois d’inconstitutionnalité.

La logique juridique américaine est simple : la règle pour déterminer si un aliment est casher ou ne l’est pas relève de la religion donc est exclue du champ de l’intervention publique par le 1er Amendement (liberté de conscience). Donc, c’est aux sociétés qui prétendent fabriquer des aliments casher de le prouver. Et aux consommateurs de choisir.

Le magazine britannique explique que la question se pose de la même manière pour le hallal dans l’islam. D’ailleurs, plusieurs institutions internationales se font concurrence pour définir et certifier ce qui est hallal de ce qui ne l’est pas. Le problème, explique The Economist, c’est que les règles sont plus débattues dans l’islam (et il est vrai qu’en pratique, ce qu’explique Tareq Oubrou en France reste très souvent méconnu du grand public et n’est pas ce que revendiquent beaucoup d’associations…).

En France, on sait combien le hallal déclenche de violentes polémiques. On se souvient que des députés s’offusquaient de ce qu’on puisse trouver des restaurants hallal. On se souvient aussi qu’un ancien Premier Ministre avait eu des mots plein de finesses pour expliquer que les règles « ancestrales » du hallal et de la casherout n’avaient aucun sens. On sait aussi que tous les fantasmes s’organisent autour de ces filières.

L’exemple américain peut être intéressant : laissons des initiatives privées s’occuper de la certification. Cela marche pour le casher. Cela fonctionne aussi pour le halal (et de nombreux sites commentent sans fin pour savoir si telle ou telle enseigne est bien hallal). Et surtout, introduisons un peu de sérénité et de transparence dans ces processus.

Les certifications privées marchent ailleurs : c’est par exemple le cas de tous les étudiants qui passent leurs Toefl Toeic et Ielts pour aller dans les universités américaines ; ou des établissements français qui réclament maintenant la « certification voltaire » pour être sûr que les étudiants savent lire et écrire en Français (pour palier, donc, l’échec de l’éducation nationale en la matière …).

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