La profession d’avocat s’interroge profondément aux Etats-Unis : le nombre d’étudiants inscrits dans les écoles a chuté, les critiques se multiplient …

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Le New York Times rapportait récemment que les inscriptions en law school ont chuté dramatiquement ces dernières années aux Etats-Unis : – 20% entre 2011 et 2012, – 38% depuis 2010 … Alors qu’en 2004 environ 100 000 étudiants s’inscrivaient dans les écoles d’avocat, il n’y en aura que 54 000 en 2013.

La crise est tellement sensible que certaines écoles commencent à licencier (alors que d’autres ouvrent par ailleurs, rappelle le Wall Street Journal ce week end). On se souvient aussi qu’un grand cabinet a fait une retentissante faillite il n’y a pas si longtemps.

Il faut dire que les emplois ne sont plus vraiment au rendez-vous : selon une étude, 9 mois après leur obtention de l’examen du barreau, seuls 55% des lauréats exerçaient à temps plein dans un cabinet d’avocat (le Wall Street Journal en avait parlé).

Autre limite, le coût prohibitif des études – qui conduit les étudiants à s’endetter excessivement (c’est d’ailleurs l’un des débats récurrents aux Etats-Unis en ce moment).

La crise des avocats s’inscrit donc dans un contexte global, mais elle leur est propre aussi : les inscriptions en médecine, elles, augmentent. Selon le NYT, elle s’explique parce que la profession d’avocat ne permet plus l’ascension sociale qu’elle permettait autrefois.

Des propositions émergent par ailleurs, dont The Economist se fait l’écho. Le leader commence par rappeler que le développement de la profession d’avocat aux Etats-Unis est liée aussi à une prolifération nuisible de procédures coûteuses. D’ailleurs, le coût des prestations juridiques a augmenté bien plus vite que l’inflation !

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Le magazine britannique plaide pour 3 réformes majeures:

1) réduire les années de law school en permettant aux étudiants de passer le bar exam dès la 2ème année, proposition qui semble faire son chemin aux Etats-Unis

2) permettre à des non lawyers d’entrer au capital des cabinets pour qu’ils se développent;

3) libéraliser la profession, en permettant notamment à des non avocats de réaliser un certain nombre de prestations;

Des idées intéressantes peuvent être trouvées aussi dans l’intéressant ouvrage du Brookings : First Thing We Do, Let’s Deregulate All the Lawyers (Not many Americans think of the legal profession as a monopoly, but it is).

 

Des idées qui pourraient intéresser aussi la profession en France, qui reste d’un conservatisme rare.

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