Au contraire de la France, aux Etats-Unis, depuis la défaite de Mitt Romney, les articles et débats fleurissent sur les raisons de cet échec et les solutions pour le surmonter. Une intensité qui contraste fortement avec l’absence de réflexion, à droite et au centre, de ce côté de l’Atlantique.

300576_nicolas-sarkozy-en-meeting-a-caen-le-6-avril-2012

Le débat n’est pas nouveau, ce blog avait déjà relevé qu’il émergeait. Le Financial Times avait organisé plusieurs interventions, par exemple.

Le débat n’est pas propre à la France, comme le suggère évidemment ce post. Il existe en Grande Bretagne, où les difficultés de la conciliation au Gouvernement conduit à interroger ce que pourrait être le Cameronisme (?) – voir ici sur le conservatisme progressiste, si si !

Aux Etats-Unis, le débat est très actif. La revue Commentary y consacre son dernier numéro – payant – que résume, pas toujours objectivement, The Atlantic. Evidemment, les constats divergent entre ceux qui pensent que Romney n’a pas été assez Républicain et ceux qui considèrent qu’il l’était trop, considérant que la ligne idéologique définie à l’époque de Reagan doit être repensée.

Dans la National Review, c’est Charles Krauthammer qui livre son analyse. Selon lui, deux lignes s’affrontent artificiellement aujourd’hui. Artificiellement parce que les Républicains sont dans l’opposition : élus, ils seraient unis. Deux lignes cependant. La première est celle des Républicains qui ont décidé d’appliquer leur programme (ou tenter de le faire) depuis la Chambre. C’est pour cela qu’ils se sont opposés sur le fiscal cliff. La seconde, c’est celle des Républicains qui pensent qu’on ne peut gouverner depuis la Chambre. C’est le point de vue de Krauthammer qui rappelle l’échec de Gingrich en son temps. En somme, « la règle générale est : avec une seule chambre du Congrès, on peut résister mais pas imposer« .

Un thème du renouveau pourrait venir de l’immigration : le Sénateur Rubio, la star du parti, issu d’une famille cubaine, propose une politique plus favorable aux immigrés, comme s’en félicite Bloomberg ce week end. Il rejoindrait en ce sens le maire de New York et les prises de position libérales de The Economist, du Washington Times ou de Bloomberg. Il faut dire que les Républicains ne peuvent s’aliéner l’électorat hispanique, comme Gideon Rachman l’avait fait remarquer dans le Financial Times en août dernier. Le nouveau George Bush (petit fils et neveu) le sait : c’est son atout !

En France, quand on en débat c’est de manière purement théorique (voir cette émission de Finkielkraut sur France Culture). Sinon rien. Le désert.

Depuis la défaite de Nicolas Sarkozy et de la droite et du centre en 2012, la réflexion et les débats en France sont totalement inexistants. Ils le sont à droite et au centre. L’UMP est passée à l’étape suivante : stratégie utile, mais qui ne donne ni un programme ni une doctrine. Quant à l’UDI, elle se prétend vierge de tout passé, alors qu’elle a elle aussi été battue aux dernières élections. Le programme du centre, c’est de faire croire qu’ils n’étaient pas avec Sarkozy. Un peu rapide et hypocrite. Le programme de la droite, c’est de faire croire qu’ils font toujours tout comme Sarkozy.

Dans un cas comme dans l’autre, même si cela peut se comprendre, même si cela renvoie à une part de vérité, ce n’est pas cela qui reconstruira la droite et le centre. Ils ne peuvent espérer gagner les prochaines élections sur un simple rejet de François Hollande, pour plusieurs raisons :  1) celui-ci pourrait très bien, par miracle, connaitre quelques résultats positifs (sait on jamais) ; 2) le Président de la République est assez habile pour diviser la droite, par exemple en faisant monter le Front National car ; 3) le parti de Marine Le Pen est en embuscade ; 4) le Président est aussi assez habile pour faire monter des personnalités qui rassureront l’électorat centriste (voire de droite) comme Pascal Lamy, Manuel Valls, etc.

Le centre a t il un avenir ? La droite doit elle se saisir de la question fiscale ? du conservatisme compassionnel ? Peut être. Peut être pas. Personne n’en parle …

Publicités