Depuis le drame dans l’école de Newport, la problématique de la régulation du port d’armes aux Etats-Unis revient fortement dans le débat public. L’idée d’un recours à l’assurance privée émerge : il faut que les porteurs d’armes s’assurent eux-mêmes.

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L’idée est reprise par plusieurs intervenants : Nouriel Roubini, The EconomistThe AtlanticForbes, etc. Elle est simple : que ceux qui portent des armes paient eux-mêmes et de manière individuelle le prix de leur assurance. Cela devrait rendre autrement plus coûteux l’achat d’une arme à feu, surtout pour ceux qui sont susceptibles d’être confrontés à des situations de violence.

John Wasik propose même de pousser le raisonnement jusqu’à considérer que les propriétaires des armes seraient responsables des crimes commis avec elles, qu’ils en soient l’auteur ou non. Il résume l’idée ainsi : « Market-based risk pricing is the partial answer. Let’s agree that guns as weapons are inherently dangerous to society and owners should bear the risk and true social costs. Translation: Require both owners and sellers to purchase liability insurance that is universally underwritten by actuaries according to relative risk« .

Aujourd’hui, la mutualisation permet aux adhérents de la National Rifle Association de bénéficier d’une assurance responsabilité à hauteur de 100 000 dollars pour un coût de 165  dollars par an (et de  250 000 dollars pour un coût de 254 dollars).

Ce que montre ce débat, c’est la déresponsabilisation induite par la mutualisation des assurances  collectives. 

Ce qui est vrai du port d’armes outre-Atlantique, est vrai par exemple de la consommation de tabac en France. Parions que si les fumeurs devaient s’assurer individuellement et assurer eux-mêmes les dépenses de santé liées à leur consommation nocive, leur nombre diminuerait. Chacun sait que le tabac est dangereux. Les consommateurs pourraient assumer leur choix d’en consommer cependant, en adultes responsables.

Aujourd’hui c’est l’inverse qui se produit : chaque fumeur sait qu’il n’aura pas à payer ses soins et que la « solidarité nationale » financera le cancer qu’il aura obtenu par des années de consommation. Pire, il peut avoir l’impression que ses cotisations (ridicules au regard du coût des traitements de son cancer) sont « sa » juste contribution et paient  les soins à venir. Encore pire, les non fumeurs financent par leurs contributions au système de santé les soins pour les fumeurs alors même que  l’on sait que leur comportement est dangereux. La socialisation de la dépense tue le sens de la responsabilité des consommateurs.

En outre, la mutualisation des dépenses sociales conduit à une restriction des libertés individuelles : la dépense publique est liberticide. Puisque la collectivité finance les dépenses de soin des fumeurs, elle estime (à juste titre ) être en droit de réglementer leurs comportements…

Autres faits sur le port d’armes

Il y a aussi la solution du paternalisme libertarien de Sustein (auteur de Nudge).

Rappelons d’abord que la criminalité est plus forte en Europe qu’aux Etats-Unis.

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