Grâce à Monsieur Montebourg, chacun sait désormais que la concurrence tue l’emploi et qu’il faut l’interdire. Tout le monde a aussi appris que les Chinois assassinant sournoisement nos salariés à coup de compétitivité prix, il faut accroître le protectionnisme. Il se trouve que le progrès aussi tue l’emploi … à tout le moins le progrès pénal qui a tué l’emploi de nos bourreaux.

guillotine

Si l’on considère – comme c’est généralement le cas en France –  que l’abolition des peines corporelles et de la peine de mort sont des progrès, force est de constater que cette évolution a tué l’emploi de bourreau.

Pour le prouver, voici un extrait du livre de Frédéric Armand, Les bourreaux en France – du Moyen-Âge à  l’abolition de la peine de mort:

« C’est un adoucissement de la pénalité criminelle qui va porter un coup à la corporation patibulaire : la loi du 28 avril 1832 supprime la marque et la flétrissure. En outre, cette loi introduit la notion de circonstances atténuantes dans les jugements d’assises et abolit la peine capitale pour neuf sortes de crimes. Ces deux mesures conjuguées contribuent à la diminution des condamnations à mort. La charge de travail des exécuteurs s’en trouve considérablement réduite. Louis-Philippe tire immédiatement les conséquences de cette baisse des besoins en proclamant, par la loi du 7 octobre 1832, que désormais les bourreaux trop âgés ne seront plus remplacés jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que la moitié en activité. Il réduit également le nombre des aides-exécuteurs dans la plupart des départements.

Une nouvelle diminution d’effectifs survient dès 1849: les peines afflictives et infamantes, qui avaient été supprimées à la Révolution puis rétablies lors de la réforme du code pénal de 1810, sont à nouveau abolies par la loi du 12 avril 1848, réduisant désormais le rôle du bourreau à la seule exécution de la peine de mort. Conséquence : un arrêté du président de la République Louis-Napoléon Bonaparte du 9 août 1849 prévoit qu’à compter de mai suivant il n’y aura plus qu’un seul exécuteur en chef dans le ressort de chaque coup d’appel, soit vingt-sept bourreaux pour tout le territoire national. Chacun devra résider dans la ville où siège la cour d’appel. les aides sont supprimés, hormis dans le département de la Seine et en Corse. Vingt-sept bourreau dont le poste est supprimé seront reclassés en qualité d’exécuteurs adjoints des vingt-sept bourreaux en chef pour compenser la suppression des aides« .

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