Le 26 novembre, à Melbourne, Pascal Lamy a fait une présentation intitulée « les économies émergentes ont bouleversé l’équilibre des pouvoirs dans le commence mondial« .Plusieurs éléments intéressants doivent être relevés.

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Passons sur l’introduction un peu pipo qui explique que « la notion de géographie et de marché défini devient toujours plus moins pertinente« , qui ressemble beaucoup à un exposé de Sciences-po trop creux. Ce qu’il faut relever, c’est comment les marchés émergents ont modifié le commerce mondial.

Une restructuration de l’équilibre géographique

Les échanges sud-sud représentent un quart du commerce mondial

Les nouvelles puissances commerciales (Chine, Afrique du Sud, Mexique et tant d’autres) ne sont plus des « policy takers » souligne Pascal Lamy. Désormais, elles sont des acteurs qui comptent dans les enjeux géopolitiques mondiaux. Et elles comptent pour elles-mêmes. La preuve en est que le commerce Sud / Sud qui représentait 13% des échanges mondiaux en 2000 en représente désormais presque le quart.

L’Afrique, premier partenaire commercial de la Chine ?

L’exemple le plus frappant est celui des relations entre la Chine et l’Afrique : le commerce entre le grand pays asiatique et le continent devrait atteindre 200 milliards de dollars en 2012, augmentant de 25% par an. Si cette tendance se prolonge, souligne le Directeur de l’OMC, l’Afrique pourrait dépasser l’Union européenne et les Etats-Unis et devenir le principal partenaire commercial de la Chine d’ici 3 à 5 ans.

Une restructuration de l’équilibre des taches

L’autre phénomène particulièrement intéressant, et déjà relevé par l’OMC, c’est que l’internationalisation croissante de la production conduit aussi et surtout à une interdépendance toujours plus grande.

L’internationalisation croissante de la chaîne de production : le « made in world »

Aujourd’hui, près de 60% du commerce mondial concerne des produits intermédiaires. Cela signifie que les diverses pièces d’un produit sont fabriquées partout dans le monde avant d’être assemblées. C’est ce que l’OMC appelle le « made in world » (expression un peu idiote mais qui a le mérite de faire passer le message).

Pascal Lamy donne l’exemple de l’iPhone sur lequel est inscrit « designed by Apple in California. Assembled in China » (conçu par Apple en Californie, assemblé en Chine). En réalité, relève Pascal Lamy, cette mention est mensongère … par omission. Elle oublie que des éléments de l’iPhone sont produits en Corée, au Japon, en Allemagne, aux Etats-Unis, par des entreprises dont les sièges sociaux sont à Tokyo, Séoul, en Bavière, à San Diego, Stuttgart, aux Texas ou à Genève. Ensuite, ces pièces sont assemblées à Shenzen en Chine par une société dont le siège est à Taïwan.

L’idiotie du protectionnisme 

Dans ce contexte, le protectionnisme a toujours moins de sens