Lors d’une allocution récente, l’ancien président de la Commission européenne a rappelé « le primat de l’économie sur le politique et l’institutionnel« . Un discours qui mériterait d’être entendu en France où l’on oublie trop souvent ce qu’est réellement l’Union européenne.

Le discours de Monsieur Delors aurait dû être prononcé devant l’inégalable Arnaud Montebourg. Malheureusement, ce dernier n’était pas disponible. C’est dommage, l’entendre aurait pu lui permettre d’apprendre beaucoup de choses.

Jacques Delors explique que « le primat de l’économie s’est affirmée à deux reprises par rapport au politique et à l’institutionnel, dans les moments stratégiques de la construction européenne« .

Le premier moment, c’est à la création des Communautés européennes. A l’époque, les projets d’Europe politique ayant échoué, c’est le marché commun qui a été promu. Jacques Delors explique : « les projets purement politiques n’avaient pas marché mais l’économie a bel et bien permis de lancer l’Europe« .

Le second moment, c’est dans les années 1980 lorsque, la politique bloquant encore, le marché unique a été lancé. Jacques Delors se souvient : « j’avais fait le tour des capitales pour proposer trois projets : une monnaie commune, une défense commune, ou simplement une réforme institutionnelle permettant d’étendre le vote à la majorité qualifiée. Il y avait dix Etats membres à l’époque et il n’y avait pas d’unanimité sur ces points, comme en 1946. Par conséquent, je me suis résolu à leur dire « et si nous faisions un vrai marché unique? » ».

Au demeurant, Delors rappelle que ce marché, reposant sur une triptyque (« la compétition qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit« ) est capital dans la construction européenne. Il est même « la pierre d’angle de la grande Europe à 27, puis à 28. En effet, le marché unique, en plus de ses avantages – liberté de circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux – accroît l’interdépendance entre les économies nationales et engendre le sentiment de la nécessité de « faire ensemble » ».

Bref, comme le relève Jacques Delors, c’est bien l’économique qui permet de faire avancer la construction européenne… surtout quand   / que le politique, lui, échoue. Reste à savoir d’ailleurs s’il peut réussir.

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