L’immigration revient dans le débat politique (et surtout dans les revues économiques) aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Plusieurs magazines, dont Bloomberg et The Economist sont à l’offensive, inquiets des politiques migratoires restrictives qui portent atteinte à la croissance économique.

Récemment, The Economist rappelait qu’environ 18% des 500 entreprises du Fortune 500 ont été créées par des immigrants (à commencer par AT&T, DuPont, eBay, Google, Heinz, Procter & Gamble…) ; et si on inclut les fils d’immigrants, alors le pourcentage est de 40%.  Le problème, c’est qu’actuellement il est de plus en plus difficile aux jeunes diplômés de rester (notamment les chinois et indiens) et aux créateurs de venir aux Etats-Unis, les critères d’entrée et de séjour étant toujours plus sévères. C’est d’ailleurs l’objet d’un ouvrage récent, écrit par Vivek Wadhwa, qui souligne que la concurrence internationale étant toujours plus forte, les immigrants innovants savent désormais que le Canada, l’Australie ou Singapour sont prêts à les accueillir. Et c’est aussi une inquiétude récurrente et très vive de Bloomberg

La situation est aussi inquiétante au Royaume-Uni relève The Economist, pour les mêmes raisons. Le magazine critique à ce titre le discours offensif du Premier ministre David Cameron, qui conduit à restreindre l’accès du territoire britannique mêmes aux jeunes diplômés. En outre, la lourdeur administrative pesante vient lourdement ralentir les talents les plus volontaires… Malheureusement, s’inquiète la revue, ce discours est partagé par l’ensemble de l’échiquier politique, le leader Labour venant même de s’excuser auprès du pays, au nom de son parti, d’avoir laissé entrer des immigrés sur le territoire britannique.

La théorie économique montre en effet que l’immigration est une opportunité … Ce discours est évidemment moins accepté par les opinions publiques. Il faut dire que dans les systèmes d’Etat Providence, les citoyens doivent tous s’accorder sur le principe d’un partage et d’une redistribution … or l’immigration est souvent perçue comme un coût économique. Les citoyens des Etats Providence ont donc tendance à vouloir réserver pour eux les bénéfices de ces avantages… A tel point qu’une étude vient de montrer que dans ces Etats où les immigrés ont le droit de vote … les politiques migratoires sont les plus sévères. En somme, les migrants ferment la portent aux avantages derrière eux.