Rencontre élèves/entreprises dès la 6ème : la gauche découvre enfin que le rôle de l’école est aussi de former au monde du travail

Voici le texte d’un papier que publié sur Atlantico : Rencontre élèves/entreprises dès la 6ème : la gauche découvre enfin que le rôle de l’école est aussi de former au monde du travail.

A lire sur Atlantico (et ci dessous)

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Le rôle de l’Education nationale « n’est pas seulement de former des citoyens mais aussi de préparer les jeunes à un emploi », a déclaré Vincent Peillon. Une révolution pour l’école, trop longtemps coupée des réalités économiques.

 

Vincent Peillon a annoncé que les entreprises allaient entrer à l’école, expliquant que le rôle de l’Education nationale « n’est pas seulement de former des citoyens mais aussi de préparer les jeunes à un emploi ». Révolution copernicienne, qui sonne comme un aveu d’échec de l’Education nationale et résonne comme la preuve d’une vaste fumisterie de ces dernières années !

Une excellente nouvelle !

L’annonce de Vincent Peillon est une très bonne nouvelle. Enfin, les jeunes connaitront la réalité de l’entreprise. C’est salutaire : un rapport récent d’un think tank montre qu’en la matière on ne peut vraiment pas faire confiance aux manuels scolaires. Les jeunes auront désormais l’occasion de connaître le monde de l’entreprise, de l’initiative, de la prise de risque, autrement qu’à travers un succédané de sociologie sur la souffrance au travail ou un cours sur l’exploitation des masses par le capitalisme sauvage.

La fin d’un monopole public sur l’orientation ?

C’en est donc fini des vieilles lunes gauchisantes qui ont poussé la précédente opposition et ses alliés à hurler pendant des années. On entend d’ailleurs encore l’écho de leurs cris offensés pour dénoncer la privatisation de l’école et dénoncer sa scandaleuse utilisation à des fins mercantiles dès que quelqu’un avançait timidement l’idée soit que les jeunes puissent découvrir l’entreprise, soit que l’Ecole prenne en compte la réalité économique dans l’orientation des élèves.

Evidemment, ces élèves ne deviendront pas tous entrepreneurs, mais au moins auront-ils l’opportunité de voir à quoi cela peut ressembler réellement. Dans les lycées de banlieues (ZEP) que j’ai l’occasion de fréquenter, quelques enseignants expliquent à leurs élèves de Terminale que travailler dans l’entreprise ou s’orienter vers une école de commerce, c’est trahir leurs origines sociales, c’est se mettre au service des « riches ». Bien sûr, ils sont minoritaires ; mais ils sont influents sur les jeunes esprits. Au moins, maintenant, ils n’auront plus le monopole du discours sur l’entreprise.

La déclaration de Vincent Peillon sonne donc aussi comme un aveu d’échec de l’Education nationale : celui de sa méconnaissance de la réalité de l’activité économique et entrepreneuriale. Celui aussi de son incapacité à orienter effectivement les élèves. En s’ouvrant aux entreprises, le ministère reconnaît enfin ce que tout le monde savait et qu’il refusait jusqu’à maintenant.

Retour sur une vaste fumisterie

C’est d’ailleurs là que réside la vaste fumisterie des dernières années en matière d’éducation. Ce rapprochement de l’Ecole et de l’entreprise, on aurait pu l’attendre de la Droite lorsqu’elle gouvernait ! Pourquoi n’a-t-elle jamais eu le  courage de le faire ? Peut être parce que la Gauche dénonçait hystériquement tout ce qu’elle a tenté de faire, mais cela n’excuse pas tout.

Cela n’excuse pas non plus le manque de volonté des entreprises parfois à prendre le temps de participer à l’éducation et l’orientation des jeunes élèves. Il est essentiel qu’elles réalisent l’enjeu qu’il y a là.

Dans l’attente…

Il reste qu’on ne sait pas bien la forme que prendra ce nouveau projet. Les entreprises viendront-elles dans les écoles ou laissera-t-on les conseillers d’orientation (qui généralement n’y entendent rien) expliquer la vie économique aux élèves ? Le ministre a-t-il l’intention de multiplier les stages de découverte, alors même que les jeunes en alternance semblent avoir toujours plus de mal à en trouver ?

Dans l’attente de ces précisions, il faut se satisfaire des rares éléments positifs de la politique de Monsieur Peillon. Depuis qu’il est arrivé au gouvernement, le ministre de l’Education nationale n’a pas été très audacieux. Ses annonces oscillent entre création de commissions et gaspillage budgétaire. Cette fois, l’annonce méritait d’être saluée !

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