Sur le site EducPros ce matin, Vincent Berger, président de l’Université Paris 7 et rapporteur général du comité de pilotage des Assistes de l’Enseignement supérieur et de la recherche, explique « c’est à l’enseignement supérieur de s’organiser au mieux pour construire la confiance des députés et obtenir des moyens« . Il explique qu’en effet, les députés connaissent mal l’université et veulent dès lors la contrôler… Ces propos sont très, très inquiétants.

D’abord, ils révèlent que l’université pense l’Etat comme une tirelire géante sur laquelle il faut tirer. Et pour tirer un maximum, il suffit de s’attirer la bienveillance du Parlement et des responsables politiques. Belle vision de l’Etat ! L’Etat, c’est donc un gateau géant : si vous êtes copain avec le pâtissier chef, vous pourrez récupérer un plus gros morceau. Visiblement, Monsieur Berger devrait lire un peu l’école du public choice qui décrit à merveille les méfaits de son raisonnement.

Il pourrait aussi se dire que les universités pourraient très bien lever elles memes des fonds, aller démarcher le privé …

Ensuite, autre point inquiétant, c’est l’idée que l’Etat doit donner l’argent aux universités sans contrepartie. Sinon pourquoi regretter le contrôle que les parlementaires imposent à l’Université ? Après tout, il est plutôt sain et normal que le Parlement veuille contrôler les établissements auxquels il distribue l’argent public (qui, rappelons le, n’est pas tout à fait de l’argent venu de nulle part : il est ponctionné sur les contribuables !). La dépense publique porte en elle même la contrainte de la liberté. Si Monsieur Berger veut être libre dans sa gestion, qu’il aille trouver d’autres sources de financements : il devra toujours rendre des comptes, mais au moins sera-t-il moins dépendant d’une seule et même personne.