Voici le texte d’un papier que publié sur Atlantico : Les trois mensonges économiques de l’agenda redressement de François Hollande.

A lire sur Atlantico (et ci dessous)

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Les trois mensonges économiques de l’agenda redressement de François Hollande

François Hollande a annoncé dimanche soir sur TF1 vouloir relancer la France en deux ans. Énonçant ses différents projets de lois, le président de la République souhaite un effort supplémentaire des ménages sans pour autant s’intéresser à la baisse des dépenses.

Des paroles…

Publié le 11 septembre 2012

François Hollande sur TF1 a annoncé un « agenda du redressement », qu’il présente comme « le plus important depuis trente ans ». Le Président a présenté un effort de 30 milliards d’euros qui semble équitablement réparti : un tiers pour l’Etat, un tiers pour les entreprises, un tiers pour les ménages. Si la logique de communication est bien huilée, c’est un mensonge économique.

Le premier mensonge consiste à prétendre que l’effort supplémentaire des ménages ne sera « que » de 10 milliards d’euros. En réalité, en 2013, les Français subiront aussi la pression fiscale supplémentaire décidée dans la Loi de finances rectificative votée cet été, qui pesait déjà majoritairement sur eux.

Le deuxième mensonge, le plus grave, consiste à faire comme si une augmentation d’impôt ou une baisse de dépenses avait un effet économique équivalent. Or, c’est évidemment faux. Alberto Alesina a montré dans deux papiers (l’un de 2009, l’autre de 2012) que baisse des dépenses et augmentation de la fiscalité n’avaient absolument pas les mêmes conséquences sur la croissance.

Avec ses co-auteurs, l’économiste de Harvard a conclu que les ajustements fiscaux « qui reposent sur une baisse des dépenses et non sur une augmentation de la fiscalité sont plus susceptibles de réduire les déficits et la part de la dette dans le PIB que ceux qui reposent sur des augmentations d’impôts ». En outre, « ceux fondés sur la fiscalité favorisent de longues et durables récessions ». En clair, pour réduire la dette et favoriser la croissance : il faut baisser la dépense, pas augmenter les impôts.

Le troisième mensonge, c’est de laisser croire que les augmentations d’impôt suffiront à résoudre le problème de la dette. La fiscalité est déjà particulièrement élevée : en juillet, avant qu’il ne fasse ses nouvelles annonces, le Gouvernement prévoyait que les prélèvements obligatoires devraient représenter 46,5% du PIB. Ce qu’il faut désormais, c’est baisser les dépenses, comme la Cour des comptes l’a rappelé en début d’année.

L’excès de dette nuit à la croissance. Les travaux de Reinhart et Rogoff l’avaient montré. Au début de l’été, une étude de la BCE confirmait que les effets éventuellement positifs de la dette publique s’estompent au-delà de 67% du PIB pour devenir clairement négatifs vers 95% du PIB. En France, nous sommes proches de 90% du PIB.

Le problème c’est que le Gouvernement ne s’attaque toujours pas aux baisses de dépenses. La loi de finances estivale ne comportait pas un seul euro d’économie. Le Président vient d’annoncer que la prochaine proposerait seulement un gel des dépenses. C’est largement insuffisant. En outre, c’est nuisible à la croissance.

La politique économique française souffre trop d’être guidée par des impératifs politiciens qui donnent la priorité à des considérations bien éloignées de l’efficacité économique, qui seule peut faire que la France s’enrichisse, que chacun ait un emploi ou que le bien-être social s’accroisse. François Hollande a dit qu’il ferait de la croissance sa priorité. S’il est sincère, il doit s’intéresser à l’économie et non à sa communication personnelle.