Le Gouvernement a annoncé la création de 150 000 « emplois d’avenir ». Mis en place dans le secteur non marchand, ils seront d’une efficacité douteuse.

Source : INSEE, 2011

Le site du Parti socialiste précise que ces emplois « seront principalement créés par des employeurs du secteur non marchand dans des activités ayant une utilité sociale avérée et susceptibles d’offrir des perspectives de recrutement (filières vertes et numériques, secteurs du social et du médico-social, aide à la personne, animation et loisirs, tourisme…)« . Ces contrats s’ajoutent à une multitude de dipositifs tous aussi efficaces comme l’épreuve du temps le laisse voir (cf graphique)

Le problème c’est que les emplois aidés dans le secteur non marchand sont d’une efficacité très incertaine. On pourrait déjà relever que si ces emplois étaient si porteurs d’avenir, le marché les proposerait … et ils seraient donc dans le secteur marchand.

Les études ont montré que les emplois dans le secteur non marchand avait un fort effet de stigmatisation, qui nuit à un retour durable vers l’emploi.

Extraits :

> Conseil économique et social, 2008 :

Le bilan de l’efficacité des contrats aidés est lui-aussi mitigé. Il faut distinguer les contrats aidés du secteur marchand des contrats aidés du secteur non marchand. Les études ont montré que les contrats aidés du secteur marchand permettaient à moyen terme une meilleure insertion dans l’emploi durable. En revanche, ils s’accompagnent d’effets d’aubaine relativement importants qui en minorent l’efficacité. Cela signifie qu’un certain nombre de jeunes qui ont accédé à l’emploi après le passage par un contrat aidé y auraient de toute façon accédé même en l’absence de ces contrats. Il faut en tenir compte dans l’évaluation de leur efficacité. Les contrats aidés du secteur non marchand sont accompagnés de moins d’effets d’aubaine et donc permettent d’augmenter significativement le nombre des emplois à court terme. En revanche, ils permettent moins à leurs bénéficiaires une insertion durable dans l’emploi.

> INSEE, 2011

Contrairement aux dispositifs précédents, les contrats aidés du secteur non marchand sont très pauvres en formation, même si les récentes évolutions institutionnelles ont visé à la renforcer. Les évaluations disponibles montrent qu’ils sont en moyenne inefficaces voire négatifs. En tenant compte des effets individuels inobservés, l’insertion en CDI n’est pas significativement plus fréquente après une période dans l’un de ces contrats qu’après une période de chômage

> Conseil d’analyse stratégique,  2011

Ce type de contrat comporte moins d’effets d’aubaine, mais donne peu de place à la formation et à la certification, et conduit moins souvent à l’emploi ordinaire que les contrats aidés du secteur marchand (effet stigmatisant sur le marché du travail).

> ENSAE, 2007

Les programmes d’aide à l’emploi au contenu en formation moins important (TUC) ont produit des impacts positifs significatifs sur les bénéficiaires les moins insérés préalablement. Ils ont aussi pu produire des impacts négatifs significatifs sur les autres catégories de bénéficiaires, confirmant ainsi des effets potentiels de stigmatisation.

En réalité (et comme le montre la dernière étude citée) ce qui importe c’est la formation qui les accompagne.

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