Simon Johnson, ancien chief economist du FMI, signe une tribune (Bloomberg) dans laquelle il souhaite que le duo Romney-Ryan s’en prenne aux « méga-banques » s’ils est élu, comme plusieurs conservateurs américains ont commencé à le proposer. Un point de vue intéressant qui rappelle au moins que le libéralisme promeut la concurrence permanente et se distingue bien du capitalisme.

Plusieurs voix républicaines se sont en effet faites entendre pour s’opposer aux « méga-banques » qui captent les subventions au nom de la doctrine du « too big to fail » : Jon Hunstman (qui était candidat à l’investiture républicaine et soutenu par le Wall Street Journal précisément pour sa volonté de s’attaquer à ces banques géantes ; « Capitalism without failure is not capitalism« ) ; ou encore le sénateur David Vitter qui vient d’écrire une « brillante » lettre à Ben Bernanke sur ce même sujet. Le consensus chez les intellectuels républicains est que les grandes banques devraient renforcer leurs fonds propres et assumer les risques qu’elles prennent.

Selon Simon Johnson, les « méga-banques » comme Bank of America, JP Morgan ou Citigroup sont « devenues aujourd’hui des entreprises sponsorisées par l’Etat. Elles reçoivent d’importantes, opaques et dangereuses subventions, ce qui les encourage à prendre des risques excessifs. La question est de trouver la meilleure manière de revenir sur ses subventions« .

Il fait dès lors un parallèle entre la situation actuelle et la politique antitrust résolument offensive du Président Républicain Roosevelt.En effet, « nous devons rétablir un marché concurrentiel dans les services financiers. Pour le moment, il n’y a pas de marché : seulement des subventions et du copinage. Les vrais conservateurs devraient tous désirer démanteler les « méga-banques », pour qu’elles deviennent suffisamment petites et simples pour qu’elles puissent faire faillite sans aucune forme de sauvetage par la banque centrale ou le Gouvernement« .

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Actualisation (20.08.2012, 12h30) : à lire sur ce même sujet cet article dans le FT de Luigi Zingales, dont je lis d’ailleurs le dernier (très intéressant) ouvrage

et à voir ce graphique qu’un commentateur éclairé m’a transmis ;-)