Un exemple historique, parmi d’autres, qui n’est pas inintéressant au regard des débats actuels sur les « ravages » de la concurrence, du marché libre, sur les emplois volés par les producteurs étrangers, les centres d’appels et autres, etc.

Voici comment Jean Favier décrit le déclin des tisserands des Flandres au début du XIVeme siècle :

« Le goût du public commence de se porter vers des produits peut-être moins beaux, mais plus variés ; vers des étoffes plus légères, aussi, qui favorisent l’évolution du vêtement vers des coupes plus ajustées. Mais la rigidité des réglementations corporatives, qui ne tolère nulle fantaisie de la part des fabricants, laisse à de nouveaux venus ce marché qui s’éloigne des types traditionnels.

C’est le tisserand des campagnes – en Flandre comme en Normandie ou en Languedoc – qui profite de l’occasion pour damer le pion aux maîtres tisserands des grandes villes. (…) Dans ce monde rural que ne régit aucune réglementation stricte des cadres de production, l’esprit d’entreprise est plus libre, et l’on profite sans honte des progrès techniques que la routine réglementaire exclut des fabrications de l’artisanat organisé ».

Jean Favier, Philippe Le Bel, (sur amazon)