Hier, on évoquait une étude sur l’insertion professionnelle du MESR. En voici une autre sur les parcours dans l’enseignement supérieur dont il ressort une évidence:  les fils de profs réussissent bien mieux leurs études.

L’étude porte sur le suivi des jeunes entrés en 6ème en 1995. Il en ressort que « les écarts sont très importants selon l’origine sociale: deux enfants d’enseignants sur trois ont accédé à un diplôme de niveau bac + 3 ou plus, tandis que ce n’est le cas que d’un enfant d’ouvrier non qualifié sur dix« .

Ces divergences remontent aux premières années de formation et ont des effets structurants :

– « 91 % des enfants d’enseignants, mais 40 % seulement des enfants d’ouvriers non qualifiés ont obtenu le baccalauréat » ;

–  » les trois quarts des enfants de cadres ou d’enseignants ont accédé à un diplôme au moins de niveau bac + 2 contre un enfant d’ouvrier non qualifié sur cinq » ;

–  » l’écart est particulièrement important dans l’accès aux diplômes les plus élevés : il est de un à dix entre les enfants de cadres  et d’enseignants et les enfants d’ouvriers non qualifiés »;

Ce sont ces écarts que soulignait déjà ma note pour l’Institut Thomas More (page 29). Ceux qui s’en sortent aujourd’hui sont ceux qui ont les moyens de contourner / pallier les dysfonctionnements du système public défaillant : soit les moyens financiers (les « gosses de riches » qui se paient des cours particuliers ou réussissent à fuir vers le privé), soit les moyens intellectuels (les « fils de profs » dont les parents connaissent par cœur un système d’orientation et scolaire incompréhensible pour le citoyen lambda) d’accéder aux informations précieuses.