Le dernier édito de Bloomberg fera sûrement bondir plus d’un de nos politiques, si attachés à la préservation en France d’industries peu rentables, soumises à un coût du travail et une fiscalité exorbitants, au détriment d’un renouvellement de l’appareil productif. Car, s’adressant aux politiques américains, il se félicite des délocalisations.

L’édito critique les deux candidats à la présidence des Etats-Unis qui ne cessent de se lamenter des délocalisations. Ils ont tort écrit Stephen Carter.

D’abord, parce que les entreprises qui délocalisent ne le font pas uniquement pour des problèmes de coûts trop élevés: elles recherchent aussi des nouveaux débouchés dans les pays où elles vont s’implanter !

 

Ensuite parce que les délocalisations ont beaucoup d’avantages (et pas uniquement pour les salariés des pays où ils vont s’implanter). Elles permettent de fournir des produits moins chers aux Américains et Européens (mais il est vrai qu’il faut cesser avec cette obsession du consommateur, c’est à dire du pouvoir d’achat) et améliorent le niveau de vie – et donc la  demande – des pays qui produisent (d’ailleurs, on ne relève pas assez la contradiction qu’il y a à dénoncer les délocalisations et à déplorer le sous développement des pays les moins riches).

L’auteur relève que la campagne américaine « laisse l’impression que les entreprises sont méchantes si elles délocalisent des emplois et que si elles arrêtaient d’être méchantes, les emplois reviendraient. Mais beaucoup d’emplois n’ont pas été perdus à cause des délocalisations, mais de l’automatisation !« . Ce qui est aussi vrai de la France  :

La désindustrialisation se constate par trois phénomènes selon la Direction du Trésor : 1)  « l’industrie a perdu 36 % de ses effectifs entre 1980 et 2007, soit 1,9 million d’emplois ou encore 71 000 par » ; 2) « le poids de l’industrie dans le PIB en valeur est passé de 24 % à 14 % entre 1980 et 2007 » ; et 3) le secteur des services croît fortement.

Cela s’explique de trois manières : 1) la poursuite de l’efficacité économique qui encourage l’externalisation (25 % des pertes d’emplois) ; 2) les gains de productivité qui ont bouleversé les modes de production (30 % des pertes) ; et 3) la concurrence étrangère.