L’Assemblée Nationale publie sur son site la répartition des députés par métier et par « famille » socioprofessionnelle. Ce qui permet de relever que la XIVè législature fait la part belle aux fonctionnaires et conduit à une baisse des professions plus « économiques ».

L’Assemblée publie ainsi d’abord une liste des députés par métier, ce qui permet de relever quelques intéressantes évolutions. La chambre élue en 2012 marque donc le triomphe des grands corps de l’Etat, qui comptent 38 représentants, contre 26 en 1997. Les fonctionnaires de catégorie A aussi augmentent très fortement, puisqu’ils sont 52, contre 27 en 1997. Cette augmentation est à l’inverse toutefois du nombre d’enseignants qui baisse de manière continue depuis le Gouvernement Jospin… Les cadres sont aussi plus nombreux.

Il faudrait affiner par parti, mais cela pourrait être finalement le reflet d’une évolution sociologique des élus socialistes ? Moins enseignants, plus classes supérieures de la société et de la fonction publique.

Par ailleurs, l’Assemblée de 2012 marque une chute des professions de santé (41 députés contre 70 en 2007) et notamment des médecins (22 contre 34 en 2007). De même, les ingénieurs qui étaient 26 en 2002 ne sont plus que 13 et les administrateurs de société qui étaient 14 en 1997 ne sont plus que 5…

Par ailleurs, l’Assemblée propose son propre classement par « famille » socioprofessionnelle qui confirme largement ces tendances. De manière marquante on relève sur 15 ans la chute des enseignants, très sensible. A l’inverse, depuis 2002 les fonctionnaires sont toujours plus nombreux à la chambre basse – comme d’ailleurs, mais dans une moindre mesure, les chefs d’entreprise. L’arrivée de la gauche consacre le sacre des fonctionnaires (qui était déjà en cours auparavant) et marque une inflexion pour les professions libérales.

Au final, il ressort de ces évolutions un sacre progressivement affirmé des hauts fonctionnaires (au détriment des profs) et un déclin des professions plus économiques. Cette évolution est plus marquée par l’arrivée majoritaire de gauche.

Faut il s’en inquiéter ?

Tout comme on peut douter qu’un Gouvernement de fonctionnaire soit en mesure de réformer autant qu’il le faut, on peut douter qu’une Assemblée de fonctionnaire soit prête à tailler dans le vif de la dépense publique. Mais attendons. Surtout, cette évolution pourrait être le reflet d’une tendance des dirigeants politiques à se refermer, être l’illustration d’une collusion des élites politico-administratives qui n’est peut être pas idéale…

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