Alors que le ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, a ouvert hier une « concertation » sur l’Ecole, le toujours très bon magazine britannique The Economist publie un article en faveur de l’autonomie des établissements scolaires, dans un esprit de liberté, comme nous l’avions proposé avec l’Institut Thomas More (La révolution de l’autonomie).

The Economist rédige un plaidoyer en faveur des charters schools, ces établissements autonomes, gérés dans un esprit de libertéet d’évaluations, qui existent aux Etats-Unis depuis des décennies et se développent maintenant plus largement dans le monde, comme au Royaume-Uni. Le magazine écrit qu’ « il est assez clair aujourd’hui qu’accorder l’autonomie aux établissements – pour autant que ce soit bien fait, c’est à dire avec une évaluation, une régulation et des garanties de l’Etat – fonctionne ! ».

Il est indispensable de repenser profondément le système scolaire, pour y encourager enfin un vent de liberté, de stimulation et d’évaluation. Après tout, laissons les établissements faire comme ils le souhaitent, au plus près de leurs élèves, pour autant qu’ils obtiennent des résultats (qui seraient évalués; par exemple aux moyens d’examens nationaux validant un niveau). L’Etat définirait un programme de connaissances et compétences que chaque élève doit acquérir ; et chaque équipe pédagogique serait libre de trouver les meilleurs moyens pour y emmener tous les élèves.

Il faut ainsi que l’Education nationale se préoccupe de la qualité de l’enseignement bien plus que des questions de structures : dans cet esprit, il faut libérer l’offre scolaire et permettre au privé sous contrat d’ouvrir de nouveaux établissements, eux aussi évalués strictement. D’ailleurs, dans un système scolaire plus libre, la question de la nature publique ou privée de la structure juridique n’aurait pas grande importance …

En attendant, les familles fuient de fait l’Education nationale et son système trop rigide, ce qui encourage et développe les inégalités de manière criante. C’est bien l’immobilisme qui aujourd’hui est facteur d’inégalités à l’Ecole : pour s’en sortir, il faut avoir accès aux bonnes informations par ses parents, soit en raison de leur fine connaissance du système (les fils de profs) soit en raison de leurs moyens financiers qui permettent de compenser leur moindre connaissance de l’Education Nationale (les gosses de riches).

Les programmes ECLAIR vont un peu déjà dans ce sens en France (mais vraiment un tout petit peu). Espérons que la concertation poursuivra dans cette voie et l’amplifiera largement. On peut toujours rêver …