Récemment, j’entendais un responsable socialiste expliquer, avec véhémence, qu’il fallait absolument faire de la relance pour doper la consommation. Ce serait bénéfique : les pauvres épargnent peu et consomment tout, donc la hausse du SMIC boostera la croissance… Faux, faux, faux.

D’abord, la hausse du SMIC détruira de l’emploi. Les travaux maintes fois cités de Francis Kramarz le montrent (voir ici et ; et aussi cette vidéo).

Ensuite, la France ne souffre pas d’un défaut de consommation, au contraire : elle consomme trop ! Le déficit public et le déficit extérieur de la France illustrent l’intensité de sa (sur)consommation publiqeu et privée. Comme le relève Jean-Marc Daniel dans son dernier livre (Ricardo, reviens ! ils sont restés keynésiens) et dans un papier récent sur Atlantico : « un pays en déficit extérieur n’épargne pas assez.Pour corriger cette situation, la bonne réponse est une baisse de la consommation qui passe par une hausse des impôts, notamment de la TVA, ou un accroissement de la production qui permette de répondre à la pression consommatrice ».

La publication ce matin par l’INSEE de sa note de conjoncture s’accompagnait d’ailleurs d’un dossier sur la consommation. Le pouvoir d’achat a diminué (Les Echos : « L’Insee prévoit une baisse du pouvoir d’achat sans précédent depuis… vingt-huit ans. Il reculerait de 0,6 % en moyenne cette année et même de 1,2 % par unité de consommation« ). Mais la consommation, même si elle a pu fléchir ou encaisse la crise, reste forte.