La finance c’est aussi une question de biologie, et plus particulièrement de production d’hormones des traders, raconte Bloomberg en faisant référence à une étude scientifique récente.

L’étude, qui a consisté à prélever de la salive régulièrement chez des traders londoniens et à mesurer les hormones présentes dans ces échantillons démontre que :

– les traders ont de bons résultats les jours où leur production de testostérone est plus haute (pour en savoir plus sur cette hormone produite par les testicules) ; et

– leur production de cortisol (dite « hormone du stress » car elle augmente chez les personnes stressées explique Bloomberg) ne varie pas les jours où ils réalisent des pertes… Mais elle fluctue fortement avec le cours des marchés.

Conclusion : « les acteurs des marchés ne sont pas les automates rationnels de la théorie financière« . Comme les animaux de la savane, leur production de testostérone influence leurs performances. « Plus les marchés montent, plus les traders et les investisseurs prennent confiance en eux et prennent des risques. Le résultat final est un marché sur lequel les acteurs sont convaincus de leur propre invincibilité et prêts à prendre des risques irrationnels, persuadés que l’issue sera un nouveau succès« .

L’article est intéressant en ce qu’il montre un exemple des nouveaux développements de l’économie, qui s’allie à d’autres matières pour progresser dans sa recherche – notamment sur la très traditionnelle question de la rationalité des acteurs économiques. Akerlof et Shiller avaient d’ailleurs publié un livre sur le sujet « Animal Spirits » reprenant un terme de Keynes : l’expression désigne la « confiance », cet aspect essentiel si difficile à appréhender (voir The Economist) … Voici que les neurosciences apportent un nouvel éclairage.

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En faisant une recherche sur internet, je constate que Le Figaro avait parlé de ces recherches en mai 2008.